Lorsque les révoltes arabes inspirent la jeunesse européenne!

C’est au tour de la rive nord de la Méditerranée de s’”indigner”. Analyse de l’économiste tunisien Hakim Ben Hammouda.

L’ère de la révolution ouverte par les printemps arabes ne s’est pas limitée à notre monde. En effet, ses réverbérations se transmettent de plus en plus à d’autres zones et notamment en Europe où la résignation et la démission l’ont emporté depuis des années sur la ferveur révolutionnaire de la fin des années 1960 et  la volonté de construire un autre monde. Depuis quelques semaines, le fond de l’air est rouge en Europe. Les méthodes des printemps arabes sont utilisées dans la mobilisation contre les politiques d’austérité budgétaire. En effet, face à la crise des forces politiques traditionnelles et des syndicats ouvriers et leur incapacité croissante à mobiliser leurs troupes, c’est désormais le web 2.0 qui a pris la relève et qui est au centre des mobilisations et des mouvements des “indignés” dans beaucoup de pays européens. La méthode est la même, utilisée sur les places européennes après avoir démontré son efficacité dans les révolutions arabes. Un mot d’ordre de manifestation lancé sur Facebook, la constitution d’un groupe d’amis et voilà le mouvement parti pour exprimer la colère et la mobilisation contre les plans d’austérité mis en place dans la plupart des pays européens. Lire la suite »

Tunisie: l’économie politique d’une révolution

Dans un ensemble de notes préparatoires à un essai à paraître(1), l’économiste tunisien Hakim Ben Hammouda retrace le contexte historique politique et économique de la révolution du Jasmin en Tunisie. Nous en publions ici de larges extraits choisis(2).

Par Hakim Ben Hammouda*

Portrait de l'économiste tunisien Hakim Ben HammoudaEn ce matin du 14 janvier, c’est un rassemblement joyeux et festif mais aussi déterminé et engagé. Les manifestants parlaient d’un printemps tunisien et d’une nouvelle ère pour les Arabes sans savoir que l’on parlerait de la Révolution du jasmin en fin de journée. Hommes, femmes, toutes générations confondues étaient unis autour de deux slogans : « Ben Ali, dégage » et « le procès des figures de la corruption ». Lire la suite »

Zitouna : une nouvelle venue dans le paysage bancaire tunisien

Après plusieurs mois de suspense (l’agrément avait été donné en janvier 2009), la nouvelle banque islamique tunisienne Zitouna devrait ouvrir ses portes au premier trimestre 2010.

À la tête du conseil d’administration, on retrouve Mohamed Sakhr El Materi, le « business gendre » du président tunisien et fondateur de ce projet. L’assemblée, qui a réuni l’ensemble des actionnaires le 21 octobre pour l’adoption définitive des statuts et le versement du capital social, a donc marqué la naissance de la Banque Zitouna. L’arrivée de Mohamed Sakhr El Materi – connu pour son dévouement religieux, et par ailleurs DG du groupe Princesse El Materi – dans la finance islamique ne surprend personne. Lire la suite »

Les élections en Tunisie vues d’un taxi parisien

Où l’on découvre la capacité des services de renseignements tunisiens à censurer l’expression jusqu’en France. Qu’il s’agisse d’une menace réelle ou de paranoïa, l’objectif est atteint et l’autocensure fonctionne à merveille.

Samedi 24 octobre, moins de 24h avant les élections présidentielle et législatives en Tunisie, je pars en vacances. L’esprit tranquille. Il faut dire que le « verdict des urnes » était attendu. Ce qui était plus inattendu, c’est l’opportunité de faire un papier sur les élections tunisiennes. Je rappelle qu’une consœur voulant faire dignement son métier de journaliste en commentant ces élections depuis Tunis s’est vue refoulée par les autorités locales dès son arrivée à l’aéroport. Un reportage sur le terrain ? Visiblement il n’en était pas question. Mais en direct d’un taxi parisien, ce fut une aubaine.
Comme tous les chauffeurs dignes de ce nom, Moncef est au téléphone depuis son kit mains libres, lorsque je saute dans son véhicule. Un coup d’œil rapide dans le rétro. « Vous êtes tunisienne ? » « Non, et vous ? » Lire la suite »

Les défis économiques tunisiens

Tunisie-SnP-Graph1Alors que Zine El-Abidine Ben Ali s’apprête à entamer son dernier mandat (en théorie), un bilan de la situation économique tunisienne s’impose. D’après une note publiée récemment par Standard & Poor’s, la croissance s’est maintenue à un taux de 4,6% en 2008, portée par les infrastructures, l’immobilier, les télécommunications (28%) et le tourisme (9%). Mais le cru 2009 s’annonce moins bon.

Les effets du ralentissement des économies de l’Union européenne, entraînant la baisse des échanges et des transferts de fonds, se sont déjà fait sentir.  Le taux de croissance estimé pour 2009 ne devrait pas atteindre les 2% d’après l’agence de notation. Une prévision bien plus pessimiste que celle du FMI en juin qui tablait sur une croissance du PIB de 3,3% fin 2009. Pour S&P, le taux de croissance devrait renouer avec les 4% en 2010 et 2011, une « bonne performance », au regard du contexte européen. Lire la suite »

Le modèle tunisien en question

Avenue Habib Bourguiba à Tunis. Photo: Citizen59.

Avenue Habib Bourguiba à Tunis. Photo: Citizen59.

La Tunisie peut-elle être un modèle de développement pour l’Afrique ? À quelques jours des élections présidentielle et législatives tunisiennes (25 octobre prochain), qui devraient consacrer Zine el-Abidine Ben Ali pour 5 ans de plus, la question posée par les auteurs de « La Tunisie émergente : une voie pour l’Afrique ? » est plus que pertinente.

Je me souviens de mon arrivée à Tunis, en compagnie de certains d’entre eux, Sénégalais ou Camerounais mettant pour la première fois les pieds au pays de Carthage. À chaque pas sur l’avenue Bourguiba, je les entendais s’étonner de la qualité de l’urbanisme, de la propreté de la ville, de la qualité du parc automobile ou encore du fonctionnement des transports en commun. C’est vrai que bon nombre de capitales africaines ont tout à envier à Tunis. En Tunisie, les femmes sont au volant, dans les écoles, à la tête des entreprises ou à la maison, au choix. Les jeunes Tunisiens sont éduqués gratuitement et obligatoirement jusqu’à 16 ans, et près de 400.000 d’entre eux font des études supérieures. La couverture sociale couvre 93% de la population.

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Quand les PME du Sud se rebiffent contre les grands groupes du Nord (Libération)

Plusieurs grandes entreprises et fonds d’investissement occidentaux ont été condamnés par la justice tunisienne suite à des plaintes déposées par des PME sous-traitantes. L’objet des litiges : ruptures de contrat abusives… Pas si facile de laisser tomber les Tunisiens pour les Chinois. À lire sur Libération.fr : Des Tunisiens sapent la délocalisation de Morgan (13/10/2009).