C’est au tour de la rive nord de la Méditerranée de s’”indigner”. Analyse de l’économiste tunisien Hakim Ben Hammouda.
L’ère de la révolution ouverte par les printemps arabes ne s’est pas limitée à notre monde. En effet, ses réverbérations se transmettent de plus en plus à d’autres zones et notamment en Europe où la résignation et la démission l’ont emporté depuis des années sur la ferveur révolutionnaire de la fin des années 1960 et la volonté de construire un autre monde. Depuis quelques semaines, le fond de l’air est rouge en Europe. Les méthodes des printemps arabes sont utilisées dans la mobilisation contre les politiques d’austérité budgétaire. En effet, face à la crise des forces politiques traditionnelles et des syndicats ouvriers et leur incapacité croissante à mobiliser leurs troupes, c’est désormais le web 2.0 qui a pris la relève et qui est au centre des mobilisations et des mouvements des “indignés” dans beaucoup de pays européens. La méthode est la même, utilisée sur les places européennes après avoir démontré son efficacité dans les révolutions arabes. Un mot d’ordre de manifestation lancé sur Facebook, la constitution d’un groupe d’amis et voilà le mouvement parti pour exprimer la colère et la mobilisation contre les plans d’austérité mis en place dans la plupart des pays européens. Lire la suite »

Afrique du Sud. Photo.D.R.
Statistics SA vient de publier les chiffres de l’emploi au troisième trimestre. Moralité : en temps de crise, en Afrique du Sud, mieux vaut ne pas être un homme métis et travailler dans les services.
Le troisième trimestre 2009 a vu s’évanouir 484.000 nouveaux postes, soit plus que les destructions d’emplois cumulées des deux premiers trimestres (475.000), selon les derniers chiffres publiés par Statistics SA. Et contrairement à la dernière édition, c’est cette fois le secteur formel qui paie le plus lourd tribut à la crise (le secteur informel non agricole avait été le premier à réagir). Lire la suite »
« Les pays africains en pleine croissance économique », titrait Reuters hier, citant un expert sud-africain. Forcément, mon œil s’arrête sur la dépêche : cette info va à l’encontre de tout ce qui est paru jusque-là sur la crise et l’Afrique.
Si on en croit les dernières perspectives économiques parues sur l’Afrique, celles du FMI et celles de l’OCDE, l’Afrique paie actuellement très cher une crise dont elle n’est en rien responsable. La croissance globale de l’Afrique subsaharienne tombe en 2009 à environ 1%, après 6 ans de croissance supérieure à 5%. Non seulement l’économie sud-africaine ne stagne pas tout à fait (croissance du PIB en volume : +1,1% selon l’OCDE, croissance du PIB réel : -2,2% selon le FMI), mais nombreux sont les pays africains qui souffriront beaucoup plus*. Lire la suite »
Si la crise financière a eu peu d’effets directs sur les pays de l’Afrique centrale, en revanche, la récession mondiale qui en résulte se répercute sur les économies de la région, selon une étude du Fonds monétaire international (FMI).
« Le principal impact de la crise actuelle sur les pays de la Cemac tient à la chute des cours internationaux du pétrole », avertit une note du FMI. Cette chute d’environ 100 dollars en un moins d’un an (le prix record a été atteint en juillet 2008) affectera bien sûr les recettes budgétaires, ces dernières étant largement tributaires des revenus pétroliers qui devraient se contracter de 67% dans la zone Cemac. À cela s’ajoutent la contraction des exportations en volume et en valeur du bois et la baisse des prix des autres produits de base. Lire la suite »
« Aucun danger », affirmaient en septembre 2008 les gouverneurs des Banques centrales africaines, qui voulaient encore y croire. Depuis, la majorité des économistes se sont ralliés à la thèse du FMI et de la BM, qui ont rapidement alerté le continent sur les effets secondaires à attendre de la crise mondiale: réduction de l’aide, report des investissements, baisse des prix des matières premières et des exportations… Et malheureusement, à l’heure des premiers bilans, les chiffres leur donnent raison.
À l’orée de la crise, en 2008, on tenait le même discours du Maroc à l’Afrique du Sud: le faible degré d’intégration des économies africaines mettrait le continent à l’abri de l’effondrement des bourses occidentales et asiatiques. La crise financière actuelle est « une formidable revanche » pour l’Afrique, déclarait Abdellatif Jouahri, gouverneur de la Banque centrale du Maroc, Bank Al Maghrib. De retour des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, le grand argentier du royaume se voulait rassurant sur le futur du continent africain dans ce contexte de crise.
« Cette notion que l’Afrique est découplée de la crise financière globale est complètement fausse », tranche Shanta Devarajan, chef économiste Afrique à la BM, dès mars 2009 lors d’une intervention à l’Ifri (Institut français de relations internationales). « Il est vrai que les banquiers africains n’utilisent pas les produits dérivés, et les prêts restent dans leurs propres bilans. Mais, quand même, il y a quelques petits points inquiétants au sein même du secteur financier. La plus grande économie, c’est-à-dire l’Afrique du Sud, a 40% de ses prêts en hypothèque, et le prix des immeubles commence à tomber ; au Nigeria, la deuxième économie africaine, le niveau de crédit privé a augmenté de 100% pendant l’année 2007. » Lire la suite »
Plus éthique et plus solidaire, la finance islamique a le vent en poupe.
« L’effondrement du système capitaliste fondé sur l’usure et sur le papier et non sur l’échange de marchandises démontre que la philosophie économique islamiste se tient », affirme Youssef Al Qaradaoui, l’un des initiateurs de la finance islamique dans les années 1970. Adossée à l’économie réelle, le principe qui régit la finance islamique est simple : on ne vend que ce que l’on possède. En cette période de crise liée aux emprunts hypothécaires à risque, la maxime est séduisante. Plus de ventes à découvert, de spéculation ni d’usure. Lire la suite »
Les envois de fonds des migrants vers leurs pays d’origine sont moins touchés par la crise que les investissements directs étrangers. Si les flux de migrations ont baissé, le nombre de migrants déjà installés dans les pays d’accueil, lui, n’a pas beaucoup changé, explique la Banque mondiale, qui prévoit une baisse globale de ces transferts de 7,3%. L’Afrique sera néanmoins touchée, plus que d’autres, par cette baisse des transferts des migrants (les envois de la diaspora africaine sont évalués entre 15 et 20 milliards de dollars par an). La BM table sur une baisse de 8,3% des envois vers l’Afrique subsaharienne (contre -6,9% à destination de l’Amérique Latine et une baisse moindre à destination de l’Asie). Lire la suite »
Les deux régions le plus durement frappées par la crise, l’Europe et les États-Unis, sont aussi les partenaires commerciaux traditionnels de l’Afrique. Leur actuel repli sur eux-mêmes pour faire face à la récession pourrait bien être l’occasion attendue par les Bric pour officialiser la redistribution des cartes sur le continent.
Le relatif isolement des Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine) contre les turbulences de la crise leur offre l’occasion de s’affirmer sur la scène économique internationale. Non seulement leur rôle dans l’économie mondiale est de plus en plus reconnu – d’après le FMI, les pays émergents contribuent à plus de 75% à la croissance mondiale – mais cette tendance pourrait s’affirmer encore à l’avenir. Pour Jacques Graverau, directeur du HEC Eurasia Institute, le salut viendra des pays émergents : « ces pays sont le dernier rempart protégeant la croissance. Leur processus de rattrapage nous tirera vers le haut. »
La thèse du « découplage », élaborée au démarrage de la crise pour expliquer l’absence de retombées immédiates sur les marchés émergents, est définitivement réfutée. On s’accorde désormais sur un effet retard, amoindri par un contexte de croissances soutenues par une forte demande intérieure et par les prix élevés des matières premières, dont les pays émergents sont des exportateurs importants. Lire la suite »
3 questions à Lionel Zinsou, banquier d’affaires d’origine béninoise. Il a été associé-gérant à la Banque Rotschild avant de rejoindre le fonds d’investissement PAI Partners en 2008. Souvent qualifié d’afroptimiste, il ne voit pourtant pas l’Afrique à l’abri de la crise internationale. Lire la suite »
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