L’Afrique : clé de voûte de la négociation à Copenhague

La sortie des pays africains lundi à Copenhague a permis de mettre un coup de pression sur les négociations. Résultat : un texte conjoint de l’Afrique et de la France avec objectifs chiffrés et engagements financiers.

Lundi, en fin de matinée, la colère de l’Afrique a fait trembler Copenhague. La délégation africaine, qui pour une fois s’exprime d’une seule voix, a quitté d’un bond la table des négociations. L’objet officiel du litige : on ne parle pas assez de Kyoto. « Le protocole de Kyoto est le seul instrument légalement contraignant. Le processus de ratification a pris sept ans. Nous ne lâcherons pas ce traité tant que nous n’aurons pas de certitudes sur l’adoption d’un prochain traité », affirme l’Algérien Kamel Djemouai, représentant des délégations africaines dans les négociations. Car si l’Afrique est de loin le continent qui pollue le moins, il subit en revanche de plein fouet le réchauffement climatique. Alors, quand les 53 pays du continent, portés par l’Algérie, se fâchent, ça fait désordre, même dans le chaos du sommet. Lire la suite »

Appel conjoint de la France et de l’Éthiopie, représentant l’Afrique, pour un accord ambitieux à Copenhague (texte intégral)

Mardi 15 décembre 2009

La France et l’Éthiopie, représentant l’Afrique, lancent aujourd’hui un appel à toutes les Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le changement climatique à adopter un accord ambitieux le 18 décembre, limitant la hausse des températures à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, comme le recommande le GIEC, et garantissant que les pays vulnérables recevront les financements suffisants pour faire face à ce défi. Lire la suite »

Copenhague : les faits marquants pour l’Afrique

Depuis vendredi, plusieurs événements de la Conférence de Copenhague et autour de celle-ci ont marqué des étapes importantes dans les négociations africaines. Rétrospective:

Vendredi 11 décembre

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne s’engagent à débloquer 7,2 milliards d’euros sur trois ans en faveur des pays en développement afin de leurs permettre de faire face aux urgences liées aux dérèglements climatiques.

Dimanche 13 décembre

La présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, réunit un petit groupe de pays afin de faire avancer au plus vite les négociations sur les engagements et les financements

Lundi 14 décembre

En fin de matinée, les pays africains, soutenus par l’ensemble des pays en développement, quittent la table des négociations. Ils réclament que le protocole de Kyoto et sa prolongation au-delà de 2012 soient remis au centre des débats.

En début d’après-midi, après s’être entretenus avec Connie Hedegaard, les négociateurs réintègrent les négociations. La Présidence danoise a promis que l’accord final comprendrait deux décisions, l’une sous le protocole de Kyoto et l’autre sous la Convention climat des Nations unies.

Mardi 15 décembre

Nicolas Sarkozy reçoit à l’Élysée le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, chargé de représenter l’Afrique à la conférence de Copenhague. Ils élaborent une proposition pour l’accord final qui sera adopté à Copenhague.

Mercredi 16 décembre

Suite aux événements de dimanche et lundi, Connie Hedegaard quitte son poste. Elle est désormais chargée de se consacrer exclusivement aux consultations informelles des ministres pour aboutir à un accord, vendredi.

Nicolas Sarkozy et Gordon Brown reçoivent à Paris les chefs d’État africains du bassin du Congo. Une dizaine de chefs d’État – du Cameroun, de Centrafrique, du Congo, du Gabon, du Tchad, de République démocratique du Congo, du Rwanda, du Burundi, de Guinée Équatoriale, d’Angola et de Sao-Tomé et Principe – seront présents.

Copenhague: un accord n’a de sens qu’accompagné de forts mécanismes d’incitations

Par Emmanuel Lickel*

Le sommet de Copenhague est une opportunité historique pour construire un monde plus respectueux de l’environnement. Cependant, même si des objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre (GES) pour les principaux pays émetteurs et un financement renforcé des projets écologiques dans les pays en développement sont obtenus, les incitations qu’auront les dirigeants à atteindre ces résultats seront décisives. La planète ne pourra quitter la pente dangereuse sur laquelle elle se trouve actuellement que si ses leaders y sont fortement encouragés.

Il y a de l’espoir pour une issue positive à Copenhague. La Chine et les États-Unis, les deux principaux contributeurs mondiaux aux émissions de gaz à effet de serre, ont franchi une étape importante en s’engageant sur des objectifs de réduction d’ici 2020 : une réduction de 40% à 45% des émissions de carbone par point de PIB pour la Chine, et une réduction de 17% des émissions de carbone par rapport au niveau de 2005 pour les États-Unis.

L’Union européenne a fait preuve de leadership en s’engageant à réduire ses émissions de 20% d’ici 2020 (sous les niveaux de 1990), et jusqu’à 30% si d’autres pays industrialisés s’accordaient à procéder à des réductions comparables. Parmi les pays en développement, pour la première fois, l’Union africaine parlera d’une seule voix.

Cependant, l’histoire prouve que des accords moins ambitieux ont été convenus par le passé, sans pour autant atteindre les résultats escomptés. Les pays développés qui ont ratifié le protocole de Kyoto s’étaient engagés à réduire leurs émissions collectives de gaz à effet de serre de 5,2% pour la période 2008-2012 par rapport au niveau atteint en 1990. Lire la suite »

Copenhague : le texte rêvé des pays émergents (Le Monde)

« Dans un texte confidentiel élaboré par la Chine en accord avec l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et le Soudan – État qui préside cette année le G77 regroupant les pays en développement au sein de l’ONU –, ils exposent l’accord de Copenhague qui répondrait à leurs desiderata. Révélé par Le Monde, le texte pourrait s’imposer comme le fil conducteur des dix jours de négociation à venir, alors que l’esquisse de proposition de la présidence danoise, publiée mardi 8 décembre par The Guardian, a soulevé un tollé de la part des PVD dans les salles du sommet de Copenhague. »

L’article complet d’Hervé Kempf, envoyé spécial du Monde à Copenhague est à lire ici, et le texte confidentiel est téléchargeable sur le site (lien dans l’article).

Copenhague : réformer le Mécanisme de développement propre pour que l’Afrique en profite

À la veille de l’ouverture du sommet de Copenhague, la question d’un bilan du Mécanisme de développement propre (MDP) est cruciale. Le MDP permet aux pays riches de fournir une technologie verte aux pays pauvres à travers un système de certification des réductions d’émissions géré par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Plus précisément, ce mécanisme repose sur la mise en place de projets – financés par le secteur public ou privé des pays industrialisés – qui favorisent la réduction des émissions de CO2 dans des pays en développement. Les investisseurs acquièrent en contrepartie des crédits d’émission de gaz à effet de serre (GES). Ces crédits sont alors négociables sur les marchés internationaux de carbone, pouvant être revendus, par exemple, à une aciérie en Allemagne ou une cimenterie en Suède, permettant ainsi à ces entreprises de se conformer à leurs obligations de réduction d’émissions. Lire la suite »

Gaz torchés : du mieux

Torchage du gaz, Banque mondiale

Torchage du gaz, Banque mondiale

Un peu moins de gaz torchés (brûlés) sur les champs pétroliers, selon les observations basées sur les données satellites, c’est un peu moins de tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère. Certains pays africains s’engagent à lutter contre cette pratique, qui constitue une hérésie tant économique qu’écologique.

À la veille de Copenhague, une bonne nouvelle en matière d’environnement est rare, alors autant se réjouir des petits progrès. Malgré l’augmentation de la production pétrolière de 5% ces trois dernières années, les gaz torchés ont diminué de 22 milliards de m3, selon les données satellites recueillies. Deux mots d’explication : le torchage ou « brûlage du gaz » consiste à brûler les rejets de gaz naturel lors de l’extraction du pétrole. Ce sont ces flammes que l’on voit danser sur de nombreux champs pétroliers. Autant dire que cette pratique est un véritable scandale économique et écologique : non seulement le torchage relève du gaspillage d’une ressource énergétique non renouvelable, mais en plus cette pratique est responsable d’émissions de CO2. Lire la suite »

Qui représentera l’Afrique à Copenhague ?

Au fil des mois, des réunions et des sommets, le nom du représentant de l’Afrique à la Conférence de Copenhague change… ou plutôt, les noms s’additionnent. Le continent réussira-t-il, d’ici décembre, à parler d’une seule voix ?

Dernier pays candidat à la représentation de l’Afrique : le Ghana, selon le journal en ligne ESI-Africa. La dernière réunion sur le climat tenue sur le continent, le 21 octobre, a eu lieu au Ghana. Alors, tout naturellement, le gouvernement ghanéen serait désigné pour porter « les inquiétudes africaines »
Pourtant, quelques jours auparavant, c’était le président burkinabé, Blaise Compaoré, qui était choisi comme porte-parole de l’Afrique, lors du Forum mondial du développement durable consacré aux changements climatiques qui s’est tenu à Ouagadougou. Et en septembre, c’est Meles Zenawi, Premier ministre éthiopien, qui était désigné « coordinateur de la position africaine commune pour les négociations » de décembre, au cours du Forum pour le partenariat avec l’Afrique organisé par l’Union africaine et les pays de l’OCDE. Lire la suite »

Climat : qui payera la facture ?

Pollution. Photo S.R.

Pollution. Photo S.R.

Dernière ligne droite avant le sommet de Copenhague sur le changement climatique. Les positions s’affinent. L’Afrique veut faire entendre sa voix et l’Union européenne se demande qui va payer.

Le changement climatique : « un grand défi à relever tant pour les pays du Nord que pour ceux du Sud », reconnaît Riera Figueras, directeur pour le développement durable de la Commission européenne. Si tout le monde est concerné, les pays en développement et notamment les plus pauvres dont la capacité d’adaptation est moindre sont les plus touchés. Paradoxalement, ces pays sont les moins responsables de cette situation ! En effet, « Les pays développés polluent 12 fois plus que l’Afrique pourtant les conséquences sont beaucoup plus rudes pour le continent africain », souligne M. Figueras lors d’une vision-conférence à l’occasion de la journée du développement durable. Lire la suite »