Nous revenons après les fêtes avec le 7e volet de notre dossier Fonds souverains. Après le désenchantement économique suite à un changement généralisé de politique d’investissement, le désamour des pays d’accueil : chez ces derniers, loin de faire l’unanimité comme sauveurs du système financier mondial, les fonds ont réveillé les peurs de perte de souveraineté ou d’indépendance.
« On ne nous aime pas, mais on a besoin de notre argent ». Les propos de Kristin Halvorsen, ancienne ministre des Finances norvégienne et gérante d’un fonds souverain, résument l’ambivalence des relations entre ces fonds et les pays occidentaux. La croissance récente des fonds souverains inquiète. Les pays ciblés dénoncent le manque de transparence sur le montant des fonds gérés, leurs performances, leur portefeuille ou leurs stratégies d’investissement. Au point qu’en 2007, les ministres du G7 soulignaient la nécessité de disposer de plus d’éléments et appelaient l’OCDE et le FMI à s’emparer de la question. La première doit aider les pays destinataires à se protéger de pratiques abusives, le second accompagne les fonds dans l’élaboration d’un code de déontologie. Cette démarche a débouché sur la création de l’International Forum of Sovereign Wealth Funds (IFSWF), qui compte 23 membres (dont seulement trois africains : la Libye, le Botswana et la Guinée Équatoriale) volontaires pour définir un ensemble de bonnes pratiques. Lire la suite »
Quand la Chine cherche à reproduire en Afrique le modèle de la longue domination des États-Unis sur l’Europe…
Je rebondis sur une réponse que j’avais faite à un commentaire récent à propos du poids de l’Afrique dans les négociations internationales. « L’Afrique ne sera pas mieux considérée dans les instances de décision internationales tant que ses richesses agricoles et minières ne se transformeront pas en pouvoir d’achat de sa population », ai-je écrit. Les Chinois (justement évoqués dans ce commentaire) sont en train d’explorer une solution plus rentable : plutôt que de payer le juste prix des matières premières à leurs propriétaires (les Africains, en grande partie), pourquoi ne pas leur prêter de quoi rehausser leur niveau de vie afin qu’ils viennent remplacer les consommateurs du Nord, à bout de souffle ? La proposition est décrite – et décriée – par Geoff Dyer dans le Financial Times.
Pour ceux qui ne liraient pas l’anglais – ou qui ont la flemme – j’en traduis un extrait : Lire la suite »
« Les pays africains en pleine croissance économique », titrait Reuters hier, citant un expert sud-africain. Forcément, mon œil s’arrête sur la dépêche : cette info va à l’encontre de tout ce qui est paru jusque-là sur la crise et l’Afrique.
Si on en croit les dernières perspectives économiques parues sur l’Afrique, celles du FMI et celles de l’OCDE, l’Afrique paie actuellement très cher une crise dont elle n’est en rien responsable. La croissance globale de l’Afrique subsaharienne tombe en 2009 à environ 1%, après 6 ans de croissance supérieure à 5%. Non seulement l’économie sud-africaine ne stagne pas tout à fait (croissance du PIB en volume : +1,1% selon l’OCDE, croissance du PIB réel : -2,2% selon le FMI), mais nombreux sont les pays africains qui souffriront beaucoup plus*. Lire la suite »
Derniers commentaires