L’aveu est venu de l’AFD, aujourd’hui, lors de la présentation des perspectives économiques pour l’Afrique subsaharienne. Et plus précisément de Jean-Marc Gravellini, directeur pour l’Afrique à l’Agence française de développement.
Alors qu’on s’accorde à dire – dans les discussions sur les APE et ailleurs – que le développement de l’Afrique passe par les organisations régionales, Jean-Marc Gravellini reconnaît que deux freins importants empêchent les bailleurs de soutenir ces regroupements régionaux. D’une part la frilosité des États à déléguer des souverainetés au niveau régional (ils ne sont en cela pas très différents des pays européens, si?). Mais également les principes d’utilisation des outils de l’AFD : « Nous sommes démunis pour travailler avec les organisations régionales », « nous ne savons pas travailler avec elles », reconnaît M. Gravellini, qui ajoute que sa structure aura besoin de politiques publiques définies et régulées à ce niveau. Pour l’instant, « nous pouvons leur accorder des prêts, mais pas de dons (ou alors aux pays membres). Il va falloir y réfléchir ».
Pourtant, cette intégration régionale est incontournable dans deux secteurs « déterminants pour la croissance et le développement » : les ressources agricoles et le secteur énergétique, car nombre de pays ne seront jamais autosuffisants énergétiquement sans cette coopération. « L’agriculture, c’est non seulement la création de richesses, mais aussi un outil de lutte contre la pauvreté. L’Afrique a besoin d’une révolution doublement verte : celle de la productivité, mais également celle du développement durable et de la préservation des espèces. »


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