Comment financer son entreprise en Afrique?

Une_MTM_3252Ce mois-ci, la rédaction de Marchés tropicaux a planché sur les différents moyens de financer la création ou le développement d’entreprises. Nouveaux outils de financement, banques, marchés boursiers, finance islamique, tontines, diaspora… nous avons exploré nombre de pistes et interrogé des créateurs d’entreprises sur les solutions qu’ils ont trouvées. Le dossier est à lire ici.

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L’Afrique : clé de voûte de la négociation à Copenhague

La sortie des pays africains lundi à Copenhague a permis de mettre un coup de pression sur les négociations. Résultat : un texte conjoint de l’Afrique et de la France avec objectifs chiffrés et engagements financiers.

Lundi, en fin de matinée, la colère de l’Afrique a fait trembler Copenhague. La délégation africaine, qui pour une fois s’exprime d’une seule voix, a quitté d’un bond la table des négociations. L’objet officiel du litige : on ne parle pas assez de Kyoto. « Le protocole de Kyoto est le seul instrument légalement contraignant. Le processus de ratification a pris sept ans. Nous ne lâcherons pas ce traité tant que nous n’aurons pas de certitudes sur l’adoption d’un prochain traité », affirme l’Algérien Kamel Djemouai, représentant des délégations africaines dans les négociations. Car si l’Afrique est de loin le continent qui pollue le moins, il subit en revanche de plein fouet le réchauffement climatique. Alors, quand les 53 pays du continent, portés par l’Algérie, se fâchent, ça fait désordre, même dans le chaos du sommet. Lire la suite »

Copenhague : les faits marquants pour l’Afrique

Depuis vendredi, plusieurs événements de la Conférence de Copenhague et autour de celle-ci ont marqué des étapes importantes dans les négociations africaines. Rétrospective:

Vendredi 11 décembre

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne s’engagent à débloquer 7,2 milliards d’euros sur trois ans en faveur des pays en développement afin de leurs permettre de faire face aux urgences liées aux dérèglements climatiques.

Dimanche 13 décembre

La présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, réunit un petit groupe de pays afin de faire avancer au plus vite les négociations sur les engagements et les financements

Lundi 14 décembre

En fin de matinée, les pays africains, soutenus par l’ensemble des pays en développement, quittent la table des négociations. Ils réclament que le protocole de Kyoto et sa prolongation au-delà de 2012 soient remis au centre des débats.

En début d’après-midi, après s’être entretenus avec Connie Hedegaard, les négociateurs réintègrent les négociations. La Présidence danoise a promis que l’accord final comprendrait deux décisions, l’une sous le protocole de Kyoto et l’autre sous la Convention climat des Nations unies.

Mardi 15 décembre

Nicolas Sarkozy reçoit à l’Élysée le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, chargé de représenter l’Afrique à la conférence de Copenhague. Ils élaborent une proposition pour l’accord final qui sera adopté à Copenhague.

Mercredi 16 décembre

Suite aux événements de dimanche et lundi, Connie Hedegaard quitte son poste. Elle est désormais chargée de se consacrer exclusivement aux consultations informelles des ministres pour aboutir à un accord, vendredi.

Nicolas Sarkozy et Gordon Brown reçoivent à Paris les chefs d’État africains du bassin du Congo. Une dizaine de chefs d’État – du Cameroun, de Centrafrique, du Congo, du Gabon, du Tchad, de République démocratique du Congo, du Rwanda, du Burundi, de Guinée Équatoriale, d’Angola et de Sao-Tomé et Principe – seront présents.

Haut-débit : Orange inaugure le nouveau câble sous-marin Lion à La Réunion

Le câble sous-marin Lion (Lower Indian Ocean Network – 1000 km – 1,28 Térabit/second de débit potentiel) a été inauguré le 11 décembre à La Réunion. Mis en service le 16 novembre 2009, ce câble en fibre optique – cofinancé par Orange Madagascar, Mauritius Telecom et France Télécom S.A. réunis en consortium – relie Madagascar, la Réunion et l’Ile Maurice.

Madagascar rejoint ainsi la liste des pays connectés en haut-débit. La Réunion et l’Ile Maurice constituent quant à elles les points de connexion au câble SAT3-WASC-SAFE qui relie l’Europe à l’Asie en passant par le sud de l’Afrique.

D’après Orange, « Lion bénéficie de la technologie la plus performante utilisée actuellement dans le domaine des fibres optiques : le multiplexage de longueur d’ondes (WDM) qui permet d’augmenter la capacité en fonction des besoins sans nouvelle intervention sous-marine. » Il existe en outre un projet de prolongement du câble Lion jusqu’à Mombasa (Kenya) où il pourrait être interconnecté avec d’autres réseaux.

« Le Groupe est également partie prenante du déploiement de câbles sous-marins sur la façade Atlantique de l’Afrique. En effet, en 2011, le câble ACE (Africa Coast to Europe) reliera l’Afrique du Sud à la France en connectant au réseau mondial tous les pays situés le long de la côte Ouest de l’Afrique », ajoute Orange, installé dans une vingtaine de pays africains.

Copenhague : réformer le Mécanisme de développement propre pour que l’Afrique en profite

À la veille de l’ouverture du sommet de Copenhague, la question d’un bilan du Mécanisme de développement propre (MDP) est cruciale. Le MDP permet aux pays riches de fournir une technologie verte aux pays pauvres à travers un système de certification des réductions d’émissions géré par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Plus précisément, ce mécanisme repose sur la mise en place de projets – financés par le secteur public ou privé des pays industrialisés – qui favorisent la réduction des émissions de CO2 dans des pays en développement. Les investisseurs acquièrent en contrepartie des crédits d’émission de gaz à effet de serre (GES). Ces crédits sont alors négociables sur les marchés internationaux de carbone, pouvant être revendus, par exemple, à une aciérie en Allemagne ou une cimenterie en Suède, permettant ainsi à ces entreprises de se conformer à leurs obligations de réduction d’émissions. Lire la suite »

Gaz torchés : du mieux

Torchage du gaz, Banque mondiale

Torchage du gaz, Banque mondiale

Un peu moins de gaz torchés (brûlés) sur les champs pétroliers, selon les observations basées sur les données satellites, c’est un peu moins de tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère. Certains pays africains s’engagent à lutter contre cette pratique, qui constitue une hérésie tant économique qu’écologique.

À la veille de Copenhague, une bonne nouvelle en matière d’environnement est rare, alors autant se réjouir des petits progrès. Malgré l’augmentation de la production pétrolière de 5% ces trois dernières années, les gaz torchés ont diminué de 22 milliards de m3, selon les données satellites recueillies. Deux mots d’explication : le torchage ou « brûlage du gaz » consiste à brûler les rejets de gaz naturel lors de l’extraction du pétrole. Ce sont ces flammes que l’on voit danser sur de nombreux champs pétroliers. Autant dire que cette pratique est un véritable scandale économique et écologique : non seulement le torchage relève du gaspillage d’une ressource énergétique non renouvelable, mais en plus cette pratique est responsable d’émissions de CO2. Lire la suite »

Transferts des migrants : Ecobank et Caisse d’Épargne s’y mettent

Repartition de l'envoi de fonds vers le MaliDécidément, les transferts des migrants font parler d’eux. Et pour cause : « C’est beaucoup d’argent. C’est plus que toute l’aide étrangère et les investissements étrangers directs combinés, mais la principale différence est que ces flux vont directement dans les mains de ceux qui en ont le plus besoin », rappelle Pedro de Vasconcelos, coordinateur du programme des transferts de fonds au FIDA, à l’agence IPS.

Après le rapport du Fida (publié fin octobre), le Global Forum on Remittances 2009 qui s’est tenu à Tunis les 22 et 23 octobre, l’initiative d’Eric Besson, de la Banque africaine de développement et du FIDA pour la création d’un fonds multilatéral de développement destiné à réduire le coût des transferts de fonds des migrants, c’est aux opérateurs privés du secteur bancaire de relever le potentiel de ces mouvements de capitaux.

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CFAO retourne en bourse

CA-CFAOC’est officiel, le 3 décembre, CFAO, filiale africaine du groupe PPR (Pinault, Printemps, Redoute) sera cotée en Bourse. Le groupe va placer sur le marché un peu plus de 50% du capital de CFAO.
L’offre d’actions – 31 millions de titres entre 24,80 euros et 29 euros – qui a débuté le 17 novembre sera clôturée le 1er décembre. Sur la base du prix médian, l’offre représente environ 834 millions d’euros, valorisant CFAO à plus de 1,6 milliard, pour un chiffre d’affaires de 2,9 milliards en 2008.
CFAO : valeur vedette… en 1913
Profitant d’une période plus porteuse sur les marchés financiers, PPR a donc décidé de lancer le processus de cession annoncé en octobre. Pour la première cotation de la plus grosse introduction en Bourse depuis le début 2009, il faudra attendre le 3 décembre. En fait, il s’agit d’une réintroduction… CFAO a une longue histoire : créée en 1845 sous forme de comptoir, l’entreprise se développa à partir de 1887 sous le nom de Compagnie française de l’Afrique occidentale. « En 1913, en pleine bulle boursière, CFAO plaisait tellement aux investisseurs qu’ils disaient : “ Aujourd’hui, j’ai acheté 125 Afrique ” quand ils avaient acquis des titres », raconte dans son blog Philippe Escande, éditorialiste aux Échos. Après avoir racheté la société en 1990, PPR lâche donc le contrôle de sa pépite africaine même s’il reste actionnaire de référence.

À lire l’éclairage historique sur CFAO de Philippe Escande, éditorialiste aux Echos.

Et des nouvelles au lendemain de l’introduction, ici.

Discrets, et pourtant bien là : les fonds souverains africains

« L’Afrique va devenir dans les années à venir un moteur du secteur des fonds souverains, lorsque les bénéfices sur les matières premières vont permettre au continent d’investir pour les générations futures ». L’assertion – dont il faut saluer l’optimisme – est de John Green, directeur du développement du groupe bancaire anglo-sud-africain Investec. « Globalement, l’Afrique est passée d’un déficit fiscal largement financé par l’aide à une situation de surplus fiscal », affirme Green à l’agence Reuters.

Green cite, pour appuyer ses dires, l’exemple du fonds souverain libyen, la Libyan Investment Authority, fondée en 2006 et désormais dotée de 65 milliards de dollars. Ce dernier, qui investit majoritairement en Europe (où il possède plus de 3000 stations-essence et trois raffineries), s’est associé avec la banque centrale libyenne pour créer un fonds d’investissement orienté vers l’investissement national et doté de 20 milliards de dollars. On a d’ailleurs vu récemment des pays du Nord opérer un retournement spectaculaire dans leurs relations avec le pays de Kadhafi, longtemps qualifié de sponsor du terrorisme : l’Italie, premier pays destinataire des investissements de la LIA, le Royaume-Uni, qui s’apprêtait en septembre à forer ses premiers puits au large de la côte libyenne, et les États-Unis, où Barack Obama prend la suite de Bush dans le réchauffement avec la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste (nom officiel de la Libye) en nommant le directeur de l’US-Libya Business Association, David L. Goldwyn, coordonnateur du département d’État pour l’Énergie. Lire la suite »