Le FMI présentait aujourd’hui ses « Perspectives économiques régionales » pour l’Afrique subsaharienne. Et elles sont plutôt rassurantes. Le sous-continent a bien résisté à la crise, et devrait connaître une reprise plus rapide qu’au lendemain des crises mondiales précédentes, même si sur les courbes de projection de croissance sur le continent sont « en U », alors que les projections mondiales sont « en V ». L’Afrique subsaharienne va donc payer l’effet retard dont elle a bénéficié à l’entrée de la crise, en 2008. Mais je développerai tout cela plus tard… pour vous raconter d’abord les à-cotés de cette réunion.
Ce qui donne tout son intérêt au fait de se déplacer plutôt que de lire le rapport (ce que vous pouvez faire – comme la majorité de mes confères – ici), ce sont les débats soulevés par ce rapport. Ils émergeaient déjà dans les échanges entre le Fonds, la BM, l’AFD, l’OCDE et les économistes non-affiliés à ces structures. Au point d’entendre Saleh Nsouli, directeur des Bureaux européens du FMI, trouver « rafraîchissant de constater une convergence de vues entre la Banque mondiale et le FMI ». Lire la suite »
L’aveu est venu de l’AFD, aujourd’hui, lors de la présentation des perspectives économiques pour l’Afrique subsaharienne. Et plus précisément de Jean-Marc Gravellini, directeur pour l’Afrique à l’Agence française de développement.
Alors qu’on s’accorde à dire – dans les discussions sur les APE et ailleurs – que le développement de l’Afrique passe par les organisations régionales, Jean-Marc Gravellini reconnaît que deux freins importants empêchent les bailleurs de soutenir ces regroupements régionaux. D’une part la frilosité des États à déléguer des souverainetés au niveau régional (ils ne sont en cela pas très différents des pays européens, si?). Mais également les principes d’utilisation des outils de l’AFD : « Nous sommes démunis pour travailler avec les organisations régionales », « nous ne savons pas travailler avec elles », reconnaît M. Gravellini, qui ajoute que sa structure aura besoin de politiques publiques définies et régulées à ce niveau. Pour l’instant, « nous pouvons leur accorder des prêts, mais pas de dons (ou alors aux pays membres). Il va falloir y réfléchir ».
Pourtant, cette intégration régionale est incontournable dans deux secteurs « déterminants pour la croissance et le développement » : les ressources agricoles et le secteur énergétique, car nombre de pays ne seront jamais autosuffisants énergétiquement sans cette coopération. « L’agriculture, c’est non seulement la création de richesses, mais aussi un outil de lutte contre la pauvreté. L’Afrique a besoin d’une révolution doublement verte : celle de la productivité, mais également celle du développement durable et de la préservation des espèces. »
By Myrtille Delamarche
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