Le marché du café, matière première ô combien sensible aux aléas climatiques, retient à nouveau l’attention des analystes, des fonds d’investissement et des spéculateurs en général. Une reprise brutale des cours s’opère depuis début juin sur le Liffe à Londres (pour le Robusta) et l’ICE à New York (pour l’Arabica).
C’est le Liffe qui a déclenché les hostilités, avec une hausse brutale de près de $ 100 la tonne en une journée et près de 20 % en l’espace de 3 jours, sous l’action d’opérateurs craignant une raréfaction brutale des disponibilités sur les marchés consommateurs.
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Litchis de Madagascar. Photo D.R.
La campagne 2009/10 du litchi doit démarrer, avec une semaine de retard, à partir du 25 novembre, juste à temps pour approvisionner les marchés européens lors la période des fêtes de fin d’année. La filière réussira-t-elle à déjouer les difficultés rencontrées lors de la campagne précédente ? Commentant cette dernière, le Centre technique horticole de Tamatave dresse un bilan mitigé : « Les quantités trop importantes par rapport au potentiel d’absorption des marchés européens, la qualité globalement moyenne des fruits, les effets de la crise économique sur la consommation et la très forte concurrence entre opérateurs sont autant d’éléments qui ont fortement perturbé la mise en marché du produit ».
Tous les opérateurs de la filière litchi se penchent sur la date de début de la campagne, concentrée sur quelques mois. Entre novembre et févier-mars, tout est bouclé : la récolte, l’expédition et la commercialisation. Et pour cette dernière étape, la meilleure période reste les fêtes de fin d’année. Lire la suite »

Champs de canne à Maurice. Photo S.R.
L’industrie sucrière mauricienne a dû se réinventer avec la fin du Protocole Sucre. Désormais, elle opte pour la valorisation de tous les produits et sous-produits de la canne : sucre raffiné, production d’énergie électrique, éthanol et rhum agricole.
Fin d’une époque. La dernière cargaison de sucre roux – environ 42.000 tonnes - a été embarquée fin octobre sur le plus gros vraquier jamais accueilli dans le port de la capitale mauricienne. Le Poseidon SW livrera son chargement à la Tate and Lyle en Angleterre, qui raffine le sucre mauricien depuis 1975. Ainsi, l’île Maurice tourne la page du sucre roux pour écrire la nouvelle histoire du sucre blanc. Lire la suite »

- Cabosses
« Des instruments spéciaux, tels que des règles budgétaires et des fonds de stabilisation des prix des matières premières, pourraient être utiles. » Nombre d’analystes n’en doutent pas, à commencer par les observateurs de la filière cacao ivoirienne. Mais que cette phrase figure en première page des « Perspectives économiques régionales » pour l’Afrique subsaharienne du FMI, c’est plus étonnant.
Faut-il rappeler que c’est sous la pression de ce dernier (et de la BM) que la Côte d’Ivoire a dû démanteler sa Caistab (Caisse de stabilisation des prix payés aux planteurs de cacao et de café) en 1999, après dix douloureuses années de libéralisation de la filière suite à l’échec de la « Guerre du cacao » menée par Houphouët-Boigny pour essayer de faire remonter les cours après leur effondrement en 1985 ? Lire la suite »
L’aveu est venu de l’AFD, aujourd’hui, lors de la présentation des perspectives économiques pour l’Afrique subsaharienne. Et plus précisément de Jean-Marc Gravellini, directeur pour l’Afrique à l’Agence française de développement.
Alors qu’on s’accorde à dire – dans les discussions sur les APE et ailleurs – que le développement de l’Afrique passe par les organisations régionales, Jean-Marc Gravellini reconnaît que deux freins importants empêchent les bailleurs de soutenir ces regroupements régionaux. D’une part la frilosité des États à déléguer des souverainetés au niveau régional (ils ne sont en cela pas très différents des pays européens, si?). Mais également les principes d’utilisation des outils de l’AFD : « Nous sommes démunis pour travailler avec les organisations régionales », « nous ne savons pas travailler avec elles », reconnaît M. Gravellini, qui ajoute que sa structure aura besoin de politiques publiques définies et régulées à ce niveau. Pour l’instant, « nous pouvons leur accorder des prêts, mais pas de dons (ou alors aux pays membres). Il va falloir y réfléchir ».
Pourtant, cette intégration régionale est incontournable dans deux secteurs « déterminants pour la croissance et le développement » : les ressources agricoles et le secteur énergétique, car nombre de pays ne seront jamais autosuffisants énergétiquement sans cette coopération. « L’agriculture, c’est non seulement la création de richesses, mais aussi un outil de lutte contre la pauvreté. L’Afrique a besoin d’une révolution doublement verte : celle de la productivité, mais également celle du développement durable et de la préservation des espèces. »
By Myrtille Delamarche
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Les Échos publient ce matin une bonne synthèse sur les conséquences de l’utilisation des terres arables par des pays étrangers:
En Afrique, en Asie, en Europe de l’Est, de gigantesques surfaces cultivables passent sous la coupe d’entreprises ou d’États étrangers. Le phénomène prend une telle ampleur que les économistes n’hésitent pas à parler d’une « troisième vague de délocalisations ». Échappant à tout contrôle, cet accaparement des terres fait peser de lourdes menaces sur les équilibres locaux.
L’hiver dernier, l’annonce de la « location » sur quatre-vingt-dix-neuf ans par le coréen Daewoo de la moitié des terres arables de Madagascar a résonné comme un coup de tonnerre. « Avec Daewoo, tout le monde s’est réveillé ! », se souvient-on à l’Agence française de développement. Avec 1,3 million d’hectares - l’équivalent de la moitié de la Belgique -, échangés gratuitement contre des emplois et des infrastructures, il y avait de quoi…
Certes, la mainmise des pays riches sur les terres agricoles de pays pauvres ou émergents n’est pas nouvelle : partout, le fait colonial a fait ses preuves en la matière… Les républiques bananières d’Amérique centrale ne datent pas d’hier, l’Amazonie est vouée aux prédateurs et les stars d’Hollywood se sont depuis longtemps taillé de petits empires en Patagonie. Progressivement, et pour les mêmes résultats, on est passé de la canonnière au carnet de chèques et aux avocats. La nouveauté, c’est que ces transactions prennent aujourd’hui une ampleur inédite.
La suite de l’article de Daniel Bastien est à lire ici.

Riz de la vallée du Fleuve (Pont Gendarme). Photo S.R.
La violente hausse des prix des denrées alimentaires a fait découvrir aux gouvernements et aux agriculteurs les vertus du riz local, l’aliment de base en Afrique.
Émeutes de la faim, colère, désespoir des populations face à l’envolée des prix alimentaires en 2007 et 2008 ont poussé plusieurs gouvernements africains à réagir. L’agriculture est revenue au centre des politiques nationales et le riz, aliment de base n°1, est consacré production prioritaire. Et si on en croit les résultats annoncés, ça marche ! 240% d’augmentation au Burkina Faso, 90% d’augmentation au Sénégal pour la campagne rizicole 2008/09 par rapport à la campagne précédente. En moyenne, la production africaine de riz s’est accrue de 18%, selon la FAO.
Pour obtenir ces résultats spectaculaires, les gouvernements ont fourni aux paysans des semences de qualité et des intrants agricoles de base. De leur côté, les agriculteurs ont été motivés par la perspective d’une bonne rentabilité. Lire la suite »

Site de production de la Socapalm au Cameroun
À signaler, le remarquable travail de la photographe Isabelle Alexandra Ricq sur la Socapalm (Société camerounaise de palmeraies), principal producteur d’huile de palme du pays. Une enquête qu’elle a menée avec la journaliste camerounaise Danielle Nomba.
En 2000, la société est privatisée au profit du groupe Belge Socfinal, dont le groupe Bolloré détient 38,75%. Depuis, les conflits déjà existants entre les populations riveraines et la Socapalm se sont exacerbés. Ce reportage donne la parole aux villageois, qui attendent toujours les infrastructures de bases promises ; aux pygmées expulsés de leurs terres, qui ne peuvent plus vivre de la chasse, réduits à manger des rats ; aux travailleurs de l’exploitation qui se décrivent eux-même comme des esclaves, mais aussi aux exploitants. Destruction massive des forêts, confiscation des terres, pollution, recours à la sous-traitance pour les salariés agricoles… l’envers du décor d’une production de rente.
Pour découvrir le reportage d’Isabelle Alexandra Ricq : «The men who sold the world»
Complément d’enquête (France 2, 22h15) diffuse ce soir « La pêche aux pirates », un document d’Agnès Gardet et Régis Mathé.
Synopsis : « depuis un an, dans le plus grand secret, des fusiliers commandos de la Marine accompagnent les thoniers Bretons au large des Seychelles. Objectif, repousser les assauts de pirates qui menacent ces navires vulnérables. Reportage exclusif à bord de ces chalutiers sous haute protection. »

Autruche sud-africaine. Photo M.D.
Deux-cent-vingt agriculteurs sud-africains pourraient partir pour la RD Congo, qui met à disposition d’Agri SA, syndicat qui réunit quelque 70 000 agriculteurs, 10 millions d’hectares de terres pour produire du maïs et du soja, et installer des élevages à vocation laitière ou avicole.
Selon le président d’Agri-SA Johannes Möller, qui s’exprime à ce sujet dans le Mail and Guardian, les productions sont destinées à nourrir les populations locales, mais les surplus pourraient être exportés, notamment vers le marché européen. Johannes Möller voit là une opportunité de diversification pour les fermiers sud-africains.
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