Afrique du Sud: PIB, trafic compris

L’Afrique du Sud, qui s’apprête comme tous les 5 ans à revoir les bases de calcul de son Produit intérieur brut, a décidé d’inclure désormais l’argent sale dans la mesure de sa production de richesses.
Statistics SA l’a annoncé en fin de semaine dernière : les prochaines statistiques sur l’activité du pays, qui seront publiées le 24 novembre, comprendront une estimation des activités illégales (trafic de drogue, contrefaçon, etc), et plus généralement « souterraines » (non-observed economy, NOE). Plus large que l’activité informelle, l’activité souterraine comprend non seulement l’argent du crime (une estimation minimum basée sur les saisies des douanes et de la police, l’extrapolation étant « impossible » selon Joe de Beer, directeur exécutif de Statistics SA), mais également l’activité de subsistance (agriculture, biens et services à usage personnel, etc). Lire la suite »

Sucre : Maurice saute le pas de la valorisation

Champs de canne à Maurice. Photo S.R.

Champs de canne à Maurice. Photo S.R.

L’industrie sucrière mauricienne a dû se réinventer avec la fin du Protocole Sucre. Désormais, elle opte pour la valorisation de tous les produits et sous-produits de la canne : sucre raffiné, production d’énergie électrique, éthanol et rhum agricole.

Fin d’une époque. La dernière cargaison de sucre roux – environ 42.000 tonnes - a été embarquée fin octobre sur le plus gros vraquier jamais accueilli dans le port de la capitale mauricienne. Le Poseidon SW livrera son chargement à la Tate and Lyle en Angleterre, qui raffine le sucre mauricien depuis 1975. Ainsi, l’île Maurice tourne la page du sucre roux pour écrire la nouvelle histoire du sucre blanc. Lire la suite »

Maurice: Infinity sur la corde raide

Tour Ebène, Maurice, DR

Tour Ebène, Maurice, DR

La plus importante société mauricienne d’outsourcing, Infinity, est menacée de faillite. Installée dans la Cybertour d’Ebène, elle a trois semaines pour rembourser 42 millions de roupies. Cette somme représente les loyers, les factures d’eau et d’électricité impayés depuis février 2007.

Centre d’appel et concepteur de logiciels, Infinity embauche tout de même plus de 650 personnes et compte parmi ses clients des noms prestigieux dans la téléphonie (Orange, Bouygues, SFR, One.Tel …), dans l’industrie automobile (Renault, Peugeot, Ford…) mais aussi dans la grande distribution (Shoprite, Pick and Pay, Spar…). Lire la suite »

COMESA : une chambre de compensation

carte ComesaLe Comesa met en route une chambre de compensation régionale pour booster le commerce intra-régional. Réunis à Maurice fin octobre, les gouverneurs des banques centrales de la zone ont fait le point sur les avancées de ce projet. Ce système de paiement des échanges entre les pays de la zone sera plus rapide et moins coûteux pour les importateurs et les exportateurs puisqu’il permettra d’éviter un transit par les grandes banques internationales. Lire la suite »

L’Afrique du Sud perdra plus d’un million d’emplois en 2009

Afrique du Sud. Photo.D.R.

Afrique du Sud. Photo.D.R.

Statistics SA vient de publier les chiffres de l’emploi au troisième trimestre. Moralité : en temps de crise, en Afrique du Sud, mieux vaut ne pas être un homme métis et travailler dans les services.

Le troisième trimestre 2009 a vu s’évanouir 484.000 nouveaux postes, soit plus que les destructions d’emplois cumulées des deux premiers trimestres (475.000), selon les derniers chiffres publiés par Statistics SA. Et contrairement à la dernière édition, c’est cette fois le secteur formel qui paie le plus lourd tribut à la crise (le secteur informel non agricole avait été le premier à réagir). Lire la suite »

Zitouna : une nouvelle venue dans le paysage bancaire tunisien

Après plusieurs mois de suspense (l’agrément avait été donné en janvier 2009), la nouvelle banque islamique tunisienne Zitouna devrait ouvrir ses portes au premier trimestre 2010.

À la tête du conseil d’administration, on retrouve Mohamed Sakhr El Materi, le « business gendre » du président tunisien et fondateur de ce projet. L’assemblée, qui a réuni l’ensemble des actionnaires le 21 octobre pour l’adoption définitive des statuts et le versement du capital social, a donc marqué la naissance de la Banque Zitouna. L’arrivée de Mohamed Sakhr El Materi – connu pour son dévouement religieux, et par ailleurs DG du groupe Princesse El Materi – dans la finance islamique ne surprend personne. Lire la suite »

Les élections en Tunisie vues d’un taxi parisien

Où l’on découvre la capacité des services de renseignements tunisiens à censurer l’expression jusqu’en France. Qu’il s’agisse d’une menace réelle ou de paranoïa, l’objectif est atteint et l’autocensure fonctionne à merveille.

Samedi 24 octobre, moins de 24h avant les élections présidentielle et législatives en Tunisie, je pars en vacances. L’esprit tranquille. Il faut dire que le « verdict des urnes » était attendu. Ce qui était plus inattendu, c’est l’opportunité de faire un papier sur les élections tunisiennes. Je rappelle qu’une consœur voulant faire dignement son métier de journaliste en commentant ces élections depuis Tunis s’est vue refoulée par les autorités locales dès son arrivée à l’aéroport. Un reportage sur le terrain ? Visiblement il n’en était pas question. Mais en direct d’un taxi parisien, ce fut une aubaine.
Comme tous les chauffeurs dignes de ce nom, Moncef est au téléphone depuis son kit mains libres, lorsque je saute dans son véhicule. Un coup d’œil rapide dans le rétro. « Vous êtes tunisienne ? » « Non, et vous ? » Lire la suite »

Un “plan Marshall” chinois pour les pays émergents?

Quand la Chine cherche à reproduire en Afrique le modèle de la longue domination des États-Unis sur l’Europe…

Je rebondis sur une réponse que j’avais faite à un commentaire récent à propos du poids de l’Afrique dans les négociations internationales. « L’Afrique ne sera pas mieux considérée dans les instances de décision internationales tant que ses richesses agricoles et minières ne se transformeront pas en pouvoir d’achat de sa population », ai-je écrit. Les Chinois (justement évoqués dans ce commentaire) sont en train d’explorer une solution plus rentable : plutôt que de payer le juste prix des matières premières à leurs propriétaires (les Africains, en grande partie), pourquoi ne pas leur prêter de quoi rehausser leur niveau de vie afin qu’ils viennent remplacer les consommateurs du Nord, à bout de souffle ? La proposition est décrite – et décriée – par Geoff Dyer dans le Financial Times.

Pour ceux qui ne liraient pas l’anglais – ou qui ont la flemme – j’en traduis un extrait : Lire la suite »

Le FMI regretterait-il la Caistab ?

Cabosses
Cabosses

« Des instruments spéciaux, tels que des règles budgétaires et des fonds de stabilisation des prix des matières premières, pourraient être utiles. » Nombre d’analystes n’en doutent pas, à commencer par les observateurs de la filière cacao ivoirienne. Mais que cette phrase figure en première page des « Perspectives économiques régionales » pour l’Afrique subsaharienne du FMI, c’est plus étonnant.

Faut-il rappeler que c’est sous la pression de ce dernier (et de la BM) que la Côte d’Ivoire a dû démanteler sa Caistab (Caisse de stabilisation des prix payés aux planteurs de cacao et de café) en 1999, après dix douloureuses années de libéralisation de la filière suite à l’échec de la « Guerre du cacao » menée par Houphouët-Boigny pour essayer de faire remonter les cours après leur effondrement en 1985 ? Lire la suite »

Les défis économiques tunisiens

Tunisie-SnP-Graph1Alors que Zine El-Abidine Ben Ali s’apprête à entamer son dernier mandat (en théorie), un bilan de la situation économique tunisienne s’impose. D’après une note publiée récemment par Standard & Poor’s, la croissance s’est maintenue à un taux de 4,6% en 2008, portée par les infrastructures, l’immobilier, les télécommunications (28%) et le tourisme (9%). Mais le cru 2009 s’annonce moins bon.

Les effets du ralentissement des économies de l’Union européenne, entraînant la baisse des échanges et des transferts de fonds, se sont déjà fait sentir.  Le taux de croissance estimé pour 2009 ne devrait pas atteindre les 2% d’après l’agence de notation. Une prévision bien plus pessimiste que celle du FMI en juin qui tablait sur une croissance du PIB de 3,3% fin 2009. Pour S&P, le taux de croissance devrait renouer avec les 4% en 2010 et 2011, une « bonne performance », au regard du contexte européen. Lire la suite »