
Afrique du Sud. Photo.D.R.
Statistics SA vient de publier les chiffres de l’emploi au troisième trimestre. Moralité : en temps de crise, en Afrique du Sud, mieux vaut ne pas être un homme métis et travailler dans les services.
Le troisième trimestre 2009 a vu s’évanouir 484.000 nouveaux postes, soit plus que les destructions d’emplois cumulées des deux premiers trimestres (475.000), selon les derniers chiffres publiés par Statistics SA. Et contrairement à la dernière édition, c’est cette fois le secteur formel qui paie le plus lourd tribut à la crise (le secteur informel non agricole avait été le premier à réagir). Lire la suite »
« Les pays africains en pleine croissance économique », titrait Reuters hier, citant un expert sud-africain. Forcément, mon œil s’arrête sur la dépêche : cette info va à l’encontre de tout ce qui est paru jusque-là sur la crise et l’Afrique.
Si on en croit les dernières perspectives économiques parues sur l’Afrique, celles du FMI et celles de l’OCDE, l’Afrique paie actuellement très cher une crise dont elle n’est en rien responsable. La croissance globale de l’Afrique subsaharienne tombe en 2009 à environ 1%, après 6 ans de croissance supérieure à 5%. Non seulement l’économie sud-africaine ne stagne pas tout à fait (croissance du PIB en volume : +1,1% selon l’OCDE, croissance du PIB réel : -2,2% selon le FMI), mais nombreux sont les pays africains qui souffriront beaucoup plus*. Lire la suite »
Alors que Zine El-Abidine Ben Ali s’apprête à entamer son dernier mandat (en théorie), un bilan de la situation économique tunisienne s’impose. D’après une note publiée récemment par Standard & Poor’s, la croissance s’est maintenue à un taux de 4,6% en 2008, portée par les infrastructures, l’immobilier, les télécommunications (28%) et le tourisme (9%). Mais le cru 2009 s’annonce moins bon.
Les effets du ralentissement des économies de l’Union européenne, entraînant la baisse des échanges et des transferts de fonds, se sont déjà fait sentir. Le taux de croissance estimé pour 2009 ne devrait pas atteindre les 2% d’après l’agence de notation. Une prévision bien plus pessimiste que celle du FMI en juin qui tablait sur une croissance du PIB de 3,3% fin 2009. Pour S&P, le taux de croissance devrait renouer avec les 4% en 2010 et 2011, une « bonne performance », au regard du contexte européen. Lire la suite »
Le FMI présentait aujourd’hui ses « Perspectives économiques régionales » pour l’Afrique subsaharienne. Et elles sont plutôt rassurantes. Le sous-continent a bien résisté à la crise, et devrait connaître une reprise plus rapide qu’au lendemain des crises mondiales précédentes, même si sur les courbes de projection de croissance sur le continent sont « en U », alors que les projections mondiales sont « en V ». L’Afrique subsaharienne va donc payer l’effet retard dont elle a bénéficié à l’entrée de la crise, en 2008. Mais je développerai tout cela plus tard… pour vous raconter d’abord les à-cotés de cette réunion.
Ce qui donne tout son intérêt au fait de se déplacer plutôt que de lire le rapport (ce que vous pouvez faire – comme la majorité de mes confères – ici), ce sont les débats soulevés par ce rapport. Ils émergeaient déjà dans les échanges entre le Fonds, la BM, l’AFD, l’OCDE et les économistes non-affiliés à ces structures. Au point d’entendre Saleh Nsouli, directeur des Bureaux européens du FMI, trouver « rafraîchissant de constater une convergence de vues entre la Banque mondiale et le FMI ». Lire la suite »
L’aveu est venu de l’AFD, aujourd’hui, lors de la présentation des perspectives économiques pour l’Afrique subsaharienne. Et plus précisément de Jean-Marc Gravellini, directeur pour l’Afrique à l’Agence française de développement.
Alors qu’on s’accorde à dire – dans les discussions sur les APE et ailleurs – que le développement de l’Afrique passe par les organisations régionales, Jean-Marc Gravellini reconnaît que deux freins importants empêchent les bailleurs de soutenir ces regroupements régionaux. D’une part la frilosité des États à déléguer des souverainetés au niveau régional (ils ne sont en cela pas très différents des pays européens, si?). Mais également les principes d’utilisation des outils de l’AFD : « Nous sommes démunis pour travailler avec les organisations régionales », « nous ne savons pas travailler avec elles », reconnaît M. Gravellini, qui ajoute que sa structure aura besoin de politiques publiques définies et régulées à ce niveau. Pour l’instant, « nous pouvons leur accorder des prêts, mais pas de dons (ou alors aux pays membres). Il va falloir y réfléchir ».
Pourtant, cette intégration régionale est incontournable dans deux secteurs « déterminants pour la croissance et le développement » : les ressources agricoles et le secteur énergétique, car nombre de pays ne seront jamais autosuffisants énergétiquement sans cette coopération. « L’agriculture, c’est non seulement la création de richesses, mais aussi un outil de lutte contre la pauvreté. L’Afrique a besoin d’une révolution doublement verte : celle de la productivité, mais également celle du développement durable et de la préservation des espèces. »
By Myrtille Delamarche
|
Posted in Agriculture & agroalimentaire, Développement durable et éco-industries, Energie, L'Afrique et la crise
|
Tagged AFD, Bailleurs de fonds, CAE-5, CEMAC, Comesa, Sacu, SADC, Uemoa
|

La nouvelle cité ministerielle construite par les Libyens à Bamako. Photo M.D.
Alors que Mouammar Kadhafi fête cette semaine les 40 ans de son accession au pouvoir et concrétise – au moins symboliquement – ses ambitions panafricaines à la tête de l’UA, il ne nous semble pas inutile de rappeler quelques chiffres sur la présence libyenne sur le continent.
Selon la Société libyenne d’investissements en Afrique, le volume global de ses investissements s’élevait en 2008 à plus de 625 millions d’euros, contre un peu plus de 18 millions d’euros en 1991. Les secteurs les plus représentés sont le tourisme, l’agriculture, le secteur forestier, l’industrie, le commerce (avec en particulier Oil Libya, présente dans plus de 20 pays) et le secteur minier. La Libye tente visiblement de diversifier son économie, particulièrement à l’étranger. Mais elle reste extrêmement tributaire du pétrole, les hydrocarbures représentant plus de 95% de ses exportations et 75% du budget de l’État. Lire la suite »
Si la crise financière a eu peu d’effets directs sur les pays de l’Afrique centrale, en revanche, la récession mondiale qui en résulte se répercute sur les économies de la région, selon une étude du Fonds monétaire international (FMI).
« Le principal impact de la crise actuelle sur les pays de la Cemac tient à la chute des cours internationaux du pétrole », avertit une note du FMI. Cette chute d’environ 100 dollars en un moins d’un an (le prix record a été atteint en juillet 2008) affectera bien sûr les recettes budgétaires, ces dernières étant largement tributaires des revenus pétroliers qui devraient se contracter de 67% dans la zone Cemac. À cela s’ajoutent la contraction des exportations en volume et en valeur du bois et la baisse des prix des autres produits de base. Lire la suite »
« Aucun danger », affirmaient en septembre 2008 les gouverneurs des Banques centrales africaines, qui voulaient encore y croire. Depuis, la majorité des économistes se sont ralliés à la thèse du FMI et de la BM, qui ont rapidement alerté le continent sur les effets secondaires à attendre de la crise mondiale: réduction de l’aide, report des investissements, baisse des prix des matières premières et des exportations… Et malheureusement, à l’heure des premiers bilans, les chiffres leur donnent raison.
À l’orée de la crise, en 2008, on tenait le même discours du Maroc à l’Afrique du Sud: le faible degré d’intégration des économies africaines mettrait le continent à l’abri de l’effondrement des bourses occidentales et asiatiques. La crise financière actuelle est « une formidable revanche » pour l’Afrique, déclarait Abdellatif Jouahri, gouverneur de la Banque centrale du Maroc, Bank Al Maghrib. De retour des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, le grand argentier du royaume se voulait rassurant sur le futur du continent africain dans ce contexte de crise.
« Cette notion que l’Afrique est découplée de la crise financière globale est complètement fausse », tranche Shanta Devarajan, chef économiste Afrique à la BM, dès mars 2009 lors d’une intervention à l’Ifri (Institut français de relations internationales). « Il est vrai que les banquiers africains n’utilisent pas les produits dérivés, et les prêts restent dans leurs propres bilans. Mais, quand même, il y a quelques petits points inquiétants au sein même du secteur financier. La plus grande économie, c’est-à-dire l’Afrique du Sud, a 40% de ses prêts en hypothèque, et le prix des immeubles commence à tomber ; au Nigeria, la deuxième économie africaine, le niveau de crédit privé a augmenté de 100% pendant l’année 2007. » Lire la suite »
Plus éthique et plus solidaire, la finance islamique a le vent en poupe.
« L’effondrement du système capitaliste fondé sur l’usure et sur le papier et non sur l’échange de marchandises démontre que la philosophie économique islamiste se tient », affirme Youssef Al Qaradaoui, l’un des initiateurs de la finance islamique dans les années 1970. Adossée à l’économie réelle, le principe qui régit la finance islamique est simple : on ne vend que ce que l’on possède. En cette période de crise liée aux emprunts hypothécaires à risque, la maxime est séduisante. Plus de ventes à découvert, de spéculation ni d’usure. Lire la suite »
Les envois de fonds des migrants vers leurs pays d’origine sont moins touchés par la crise que les investissements directs étrangers. Si les flux de migrations ont baissé, le nombre de migrants déjà installés dans les pays d’accueil, lui, n’a pas beaucoup changé, explique la Banque mondiale, qui prévoit une baisse globale de ces transferts de 7,3%. L’Afrique sera néanmoins touchée, plus que d’autres, par cette baisse des transferts des migrants (les envois de la diaspora africaine sont évalués entre 15 et 20 milliards de dollars par an). La BM table sur une baisse de 8,3% des envois vers l’Afrique subsaharienne (contre -6,9% à destination de l’Amérique Latine et une baisse moindre à destination de l’Asie). Lire la suite »
Derniers commentaires