
Charbon. Photo D.R.
Il est constitué non pas d’un seul, mais de trois marchés distincts. Le marché du charbon-vapeur Pacifique, mené par le géant australien challengé par l’Indonésie, brasse 86 des 140 millions de tonnes (Mt) de charbon-vapeur exportées sur le premier trimestre 2009. Sur le marché Atlantique (54Mt), l’Afrique du Sud (14,6Mt au premier trimestre 2009) a cédé sa place de leader à la Russie (20,4Mt) et à la Colombie (15,5Mt). Elle est suivie de loin par le Venezuela et les États-Unis.
Le marché métallurgique (coke), lui, appartient sans conteste à l’Australie (suivie de loin par le Canada, la Chine, la Russie et les États-Unis), avec 21,5Mt sur les 29,6Mt exportées sur le premier trimestre 2009.
L’Europe est le seul marché où l’utilisation du charbon décroît (plus de 780 Mt consommées en 2008 contre 814 Mt en 2007). L’Afrique du Sud, l’un des premiers fournisseurs du marché européen, alimente donc de plus en plus l’Asie.
Prix : un trend haussier à long terme
Après une baisse drastique des années 1980 à 2003 (de 60$ à 40$), on a assisté à une envolée des prix en 2007/08 (150$/t charbon vapeur, plus de 300$/t cokéfiable spot en mars 2008). Plusieurs causes sont évoquées pour expliquer cette hausse : accidents climatiques, techniques, incidents et hausse des coûts du transport liée à celle des prix du pétrole, demande globale en hausse, développement insuffisant de l’exploitation par manque d’investissement, nationalisation partielle des ressources (comme au Venezuela, ou en Afrique du Sud où la nouvelle charte minière prévoit que les sociétés doivent céder 26% de leur capital d’ici 2014)… Lire la suite »

Mine Xstrata en Afrique du Sud
Dans une étude menée en 2007 (téléchargeable ici), Energy Watch remet sérieusement en cause la fiabilité des évaluations des réserves mondiales de charbon. Ce groupe de chercheurs allemands (favorables aux énergies renouvelables) cite l’exemple de l’Allemagne, dont l’estimation des réserves prouvées a chuté de 99% en 2004, sans explication du gouvernement, si ce n’est la transformation d’une grande partie des « réserves prouvées » en « réserves possibles », brutalement retirée du total. Selon eux, les réserves du Vietnam et de l’Afghanistan n’ont pas été actualisées depuis 40 ans, malgré une production vietnamienne d’environ 15Mt/an (sur 150Mt). Celles de la Chine n’ont pas changé depuis 1992 malgré l’exploitation, depuis lors, d’environ 20% de ces réserves.
Au Botswana, les réserves globales estimées à 7 milliards de tonnes (dont 3,5 Gt prouvées) en 1980 ont chuté à 40 Mt prouvées en 2004 (en chute de 99%) sur 3,34 Gt de réserves totales (-50%). De même, au Swaziland, les réserves auraient chuté de 90% entre 1980 et 2004. Seule l’Afrique du Sud fait exception : la baisse graduée de l’estimation de ses réserves est en complète cohérence avec sa production. Lire la suite »
« L’Afrique du Sud a besoin d’au moins 40 nouvelles mines de charbon ». L’assertion est de Brian Dames, directeur des opérations d’Eskom. Mais elle a également besoin d’une stratégie globale sur le charbon, de réformer la chaîne de transport et d’avancer sur la question du charbon propre avant d’être rattrapée par les engagements internationaux sur la réduction des émissions de CO2.
Il ne reste pas assez de charbon dans le Mpumalanga (où se trouvent 8 des 11 centrales thermiques d’Eskom) pour alimenter les centrales électriques d’Eskom pendant toute leur durée de vie. C’est, en résumé, le cri d’alarme lancé par Brian Dames dans les colonnes de Miningmx, site sud-africain spécialisé sur le secteur minier (ici). « Alors que la demande en charbon d’Eskom a augmenté de 5% par an, la production de l’Afrique du Sud est restée stable. C’est ce qui nous rend difficile l’accès au charbon à bas prix », explique Dames, qui évalue à 40 milliards de rands le coût des nouveaux sites, auquel il faut ajouter l’investissement nécessaire dans la chaîne de transport. Or Eskom a annoncé en août ses pires pertes annuelles dans l’histoire de la compagnie.
Faiblesse du maillon transport
Avec le développement de l’exploitation dans le Waterberg (province du Limpopo), les ressources en charbon sont de plus en plus éloignées des centrales qui les achètent (actuellement en majorité dans le Mpumalanga). Or la région ne possède ni les ressources en eau nécessaires au fonctionnement de nouvelles centrales thermiques, ni les infrastructures de transport qui permettraient d’acheminer le charbon à bas coût. Eskom doit donc convoyer de plus en plus de charbon par camions : « plus de 5 000 chargements par jour », selon Dames. Lire la suite »
By Myrtille Delamarche
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La part du charbon dans le mix énergétique mondial est en hausse. Selon Jean-Marie Amouroux (auteur de Charbon, les métamorphoses d’une industrie), son taux moyen de croissance annuelle est de +2,3%, supérieur à celui des hydrocarbures. Amouroux prévoit que le charbon prendra la tête de l’approvisionnement énergétique mondial à l’horizon 2050, devant le gaz, le pétrole et le nucléaire. La consommation mondiale est tirée à la hausse par la Chine (qui a doublé sa demande entre 2001 et 2006, avec une croissance +15%/an en moyenne). Mais cette demande est également en hausse en Inde, au Vietnam, en Indonésie… Les États-Unis le premier consommateur de charbon, mais on assiste actuellement à un retour de la Russie qui préfère consommer son charbon pour mieux exporter son gaz. Lire la suite »
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