En mai, fais ce qu’il te plaît… La rédaction de Marchés Trop’ a choisi de chausser les crampons:
“ Objet de tous les fantasmes et de toutes les promesses, l’organisation d’une Coupe du monde de football reste un événement hors du commun pour le pays hôte. L’Afrique du Sud ne déroge pas à la règle, d’autant que c’est le premier pays africain à l’accueillir. « The World Cup is not really about football, it’s about big business. » Cet avis sans appel est délivré par Chris Moerdyk, l’un des analystes financiers sud-africain les plus reconnus. Même sans traduction, tout le monde aura compris de quoi il est question ici. De gros sous. Pourtant, les retombées économiques attendues commencent déjà à être revues à la baisse. La gigantesque machinerie a connu quelques ratés… ”
C’est l’enquête du mois de Marchés tropicaux et méditerranéens.
Deux économistes du Centre de Développement de l’OCDE, Rolando Avendaño et Javier Santiso, viennent de publier un working paper sur les fonds souverains. Ils concluent sur une relative similarité entre les politiques d’investissement des fonds souverains et des fonds privés, en particulier les fonds mutuels.
Je publie ici un extrait du résumé : Lire la suite »
Après avoir massivement investi dans les banques occidentales, les fonds souverains, échaudés par des investissements moins rentables que prévu, opèrent un nouveau changement de stratégie à l’issue de la crise financière. Au menu : retour à l’investissement dans leur pays d’origine et diversification de leurs actifs.
D’après une étude récente (Setser and Ziemba, 2009), les fonds souverains d’Abu Dhabi (Adia), du Koweit (KIA) et du Qatar (QIA) ont perdu 40% de leur valeur depuis 2007. Des pertes dues à des investissements moins rentables qu’anticipés, mais également des placements malheureux en dollars (à la baisse) et dans l’immobilier, qui a lui aussi subi un revers notable suite à la crise des subprimes. Lire la suite »
Nous revenons après les fêtes avec le 7e volet de notre dossier Fonds souverains. Après le désenchantement économique suite à un changement généralisé de politique d’investissement, le désamour des pays d’accueil : chez ces derniers, loin de faire l’unanimité comme sauveurs du système financier mondial, les fonds ont réveillé les peurs de perte de souveraineté ou d’indépendance.
« On ne nous aime pas, mais on a besoin de notre argent ». Les propos de Kristin Halvorsen, ancienne ministre des Finances norvégienne et gérante d’un fonds souverain, résument l’ambivalence des relations entre ces fonds et les pays occidentaux. La croissance récente des fonds souverains inquiète. Les pays ciblés dénoncent le manque de transparence sur le montant des fonds gérés, leurs performances, leur portefeuille ou leurs stratégies d’investissement. Au point qu’en 2007, les ministres du G7 soulignaient la nécessité de disposer de plus d’éléments et appelaient l’OCDE et le FMI à s’emparer de la question. La première doit aider les pays destinataires à se protéger de pratiques abusives, le second accompagne les fonds dans l’élaboration d’un code de déontologie. Cette démarche a débouché sur la création de l’International Forum of Sovereign Wealth Funds (IFSWF), qui compte 23 membres (dont seulement trois africains : la Libye, le Botswana et la Guinée Équatoriale) volontaires pour définir un ensemble de bonnes pratiques. Lire la suite »
Loin de s’en tenir à leur politique d’investissement originelle, basée sur la prudence et le long-terme, on a vu dans les volets précédents que les fonds souverains avaient pris un tournant au moment de la crise. Un virage qui ne leur a guère réussi, comme le montrent Brad Setser and Rachel Ziemba de RGE Monitor : certains fonds souverains du Golfe ont perdu 40% de leur valeur depuis 2007. Leurs choix malheureux se sont principalement portés sur les banques et l’immobilier…
… quand ils n’ont pas investi chez Madoff
Si le fonds souverain d’Abu Dhabi a démenti l’information alléguant qu’il confiait, depuis 2005, jusqu’à 400 millions de dollars en gestion à Bernard Madoff, Adia reconnait néanmoins avoir investi 132 millions de dollars dans un fonds d’investissement lui-même exposé aux stratégies de Bernard Madoff.
… ou dans les armes
En Afrique, la gestion de ces fonds est parfois (mais pas toujours) encore plus éloignée de la gestion de bon père de famille. Lire la suite »
On a vu dans les volets précédents de notre dossier comment nous avions assisté, ces dernières années, à la montée en puissance des fonds souverains dans l’économie mondiale, et à la mutation de leurs investissements. Il est donc temps d’entrer dans les détails : dans quoi ont-ils investi, et pour quelles performances ?
La nouvelle politique d’investissement des fonds souverains ne date pas de la crise. En 2006, déjà, GIC (Singapour) annonçait son intention d’investir plus largement sur les marchés actions et dans les fonds d’investissement, qui avaient selon lui fait la preuve de leur forte rentabilité.
D’abord… dans les banques fragilisées par la crise des crédits hypothécaires
Les fonds souverains considéraient alors que les banques étaient largement sous-valorisées, et qu’elles représentaient un investissement long-terme assez sûr pour y prendre de larges participations avec une belle chance de plus-value. L’occasion faisant le larron, cette montée en puissance s’est affirmée pendant la crise financière de 2007-08. Lire la suite »
Rappel des prises de participations des fonds souverains dans les institutions financières occidentales (2007-2008): Lire la suite »
On a vu au démarrage de notre dossier que les fonds souverains jouaient un rôle de régulateurs de l’économie mondiale, en pratiquant une politique d’investissement plus prudente et plus orientée sur le long-terme que d’autres types d’investisseurs (hedge funds, fonds de pension…). Mais leurs récents investissements remettent en cause cette hypothèse.
Le formidable bond de leurs actifs observé avant la crise, entraîné directement par la hausse des cours des matières premières, a changé la donne, propulsant les fonds à la tête de réserves colossales, qu’ils se devaient de valoriser. Puis la crise est arrivée, et avec elle des opportunités d’investissement trop tentantes pour les gestionnaires de ces énormes réserves de liquidités devenues rares dans le système financier. Plusieurs économistes remettent alors en cause l’efficacité de l’investissement de ces fonds comme stabilisateurs des économies nationales, tout en leur reconnaissant un rôle globalement positif en termes macroéconomiques.
Après avoir cru à un effet régulateur des fonds souverains, les analystes revoient donc leurs espoirs à la baisse. Ces fonds « privilégiant un horizon de long terme et des supports d’investissements conventionnels » (Bertrand Blancheton et Yves Jégourel, Université Bordeaux IV) semblaient « en outre ne pas avoir une exigence de rentabilité du capital excessive ». « Pour autant, une analyse plus fine met en lumière une forte hétérogénéité des stratégies financières menées par les fonds souverains et permet de nuancer leur rôle positif sur les marchés financiers. » Lire la suite »
« L’Afrique va devenir dans les années à venir un moteur du secteur des fonds souverains, lorsque les bénéfices sur les matières premières vont permettre au continent d’investir pour les générations futures ». L’assertion – dont il faut saluer l’optimisme – est de John Green, directeur du développement du groupe bancaire anglo-sud-africain Investec. « Globalement, l’Afrique est passée d’un déficit fiscal largement financé par l’aide à une situation de surplus fiscal », affirme Green à l’agence Reuters.
Green cite, pour appuyer ses dires, l’exemple du fonds souverain libyen, la Libyan Investment Authority, fondée en 2006 et désormais dotée de 65 milliards de dollars. Ce dernier, qui investit majoritairement en Europe (où il possède plus de 3000 stations-essence et trois raffineries), s’est associé avec la banque centrale libyenne pour créer un fonds d’investissement orienté vers l’investissement national et doté de 20 milliards de dollars. On a d’ailleurs vu récemment des pays du Nord opérer un retournement spectaculaire dans leurs relations avec le pays de Kadhafi, longtemps qualifié de sponsor du terrorisme : l’Italie, premier pays destinataire des investissements de la LIA, le Royaume-Uni, qui s’apprêtait en septembre à forer ses premiers puits au large de la côte libyenne, et les États-Unis, où Barack Obama prend la suite de Bush dans le réchauffement avec la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste (nom officiel de la Libye) en nommant le directeur de l’US-Libya Business Association, David L. Goldwyn, coordonnateur du département d’État pour l’Énergie. Lire la suite »
En optant pour des politiques prudentes, les fonds souverains devraient pouvoir jouer au niveau mondial un rôle de régulateurs économiques, et au niveau national un rôle de lissage des chocs exogènes.
La création des premiers fonds souverains (sovereign wealth funds), dans les années 1950 à 1990, répondait à un impératif commun : trouver des outils d’investissement des recettes publiques – généralement issues du pétrole –, transformées en réserves de change. Ils se sont depuis diversifiés dans les objectifs qu’ils poursuivent.
Des objectifs de bon père de famille
Les premiers ont investi dans la diversification de l’activité économique au niveau national ou international. C’est exactement le rôle qu’ont joué les fonds du Golfe, en finançant à outrance le développement du tourisme ou du secteur financier à l’intérieur de leurs frontières. C’est également le choix qu’a fait la Libye, en diversifiant ses actifs à l’international dans le tourisme, l’agriculture, la distribution de produits pétroliers ou les banques. Lire la suite »
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