Après avoir massivement investi dans les banques occidentales, les fonds souverains, échaudés par des investissements moins rentables que prévu, opèrent un nouveau changement de stratégie à l’issue de la crise financière. Au menu : retour à l’investissement dans leur pays d’origine et diversification de leurs actifs.
D’après une étude récente (Setser and Ziemba, 2009), les fonds souverains d’Abu Dhabi (Adia), du Koweit (KIA) et du Qatar (QIA) ont perdu 40% de leur valeur depuis 2007. Des pertes dues à des investissements moins rentables qu’anticipés, mais également des placements malheureux en dollars (à la baisse) et dans l’immobilier, qui a lui aussi subi un revers notable suite à la crise des subprimes. Lire la suite »
Nous revenons après les fêtes avec le 7e volet de notre dossier Fonds souverains. Après le désenchantement économique suite à un changement généralisé de politique d’investissement, le désamour des pays d’accueil : chez ces derniers, loin de faire l’unanimité comme sauveurs du système financier mondial, les fonds ont réveillé les peurs de perte de souveraineté ou d’indépendance.
« On ne nous aime pas, mais on a besoin de notre argent ». Les propos de Kristin Halvorsen, ancienne ministre des Finances norvégienne et gérante d’un fonds souverain, résument l’ambivalence des relations entre ces fonds et les pays occidentaux. La croissance récente des fonds souverains inquiète. Les pays ciblés dénoncent le manque de transparence sur le montant des fonds gérés, leurs performances, leur portefeuille ou leurs stratégies d’investissement. Au point qu’en 2007, les ministres du G7 soulignaient la nécessité de disposer de plus d’éléments et appelaient l’OCDE et le FMI à s’emparer de la question. La première doit aider les pays destinataires à se protéger de pratiques abusives, le second accompagne les fonds dans l’élaboration d’un code de déontologie. Cette démarche a débouché sur la création de l’International Forum of Sovereign Wealth Funds (IFSWF), qui compte 23 membres (dont seulement trois africains : la Libye, le Botswana et la Guinée Équatoriale) volontaires pour définir un ensemble de bonnes pratiques. Lire la suite »
Par Emmanuel Lickel*
Le sommet de Copenhague est une opportunité historique pour construire un monde plus respectueux de l’environnement. Cependant, même si des objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre (GES) pour les principaux pays émetteurs et un financement renforcé des projets écologiques dans les pays en développement sont obtenus, les incitations qu’auront les dirigeants à atteindre ces résultats seront décisives. La planète ne pourra quitter la pente dangereuse sur laquelle elle se trouve actuellement que si ses leaders y sont fortement encouragés.
Il y a de l’espoir pour une issue positive à Copenhague. La Chine et les États-Unis, les deux principaux contributeurs mondiaux aux émissions de gaz à effet de serre, ont franchi une étape importante en s’engageant sur des objectifs de réduction d’ici 2020 : une réduction de 40% à 45% des émissions de carbone par point de PIB pour la Chine, et une réduction de 17% des émissions de carbone par rapport au niveau de 2005 pour les États-Unis.
L’Union européenne a fait preuve de leadership en s’engageant à réduire ses émissions de 20% d’ici 2020 (sous les niveaux de 1990), et jusqu’à 30% si d’autres pays industrialisés s’accordaient à procéder à des réductions comparables. Parmi les pays en développement, pour la première fois, l’Union africaine parlera d’une seule voix.
Cependant, l’histoire prouve que des accords moins ambitieux ont été convenus par le passé, sans pour autant atteindre les résultats escomptés. Les pays développés qui ont ratifié le protocole de Kyoto s’étaient engagés à réduire leurs émissions collectives de gaz à effet de serre de 5,2% pour la période 2008-2012 par rapport au niveau atteint en 1990. Lire la suite »
By Emmanuel Lickel*
The Copenhagen summit is a historic opportunity for the world to tackle climate change and become more environmentally sustainable. However, even with ambitious greenhouse gas reduction targets for primary emitters, and extensive financing of green projects in developing countries, incentives will be crucial in reaching those goals. The dangerous path the world has embraced may change only if leaders have strong incentives.
There is hope for a positive outcome in Copenhagen. China and the US, the two biggest contributors to the world’s greenhouse gas emissions, have taken an important step, committing to reduction targets by 2020 (a reduction of 40 to 45% of carbon intensity per point of GDP for China, and a 17% reduction of carbon emissions compared to 2005 domestic levels for the US). The European Union has shown leadership by committing to cut its emissions to 20% below 1990 levels by 2020 and to scale this up to 30% if other industrialized countries agree to make comparable reductions. Among developing countries, for the first time the African Union will speak with one voice. Lire la suite »
Le câble sous-marin Lion (Lower Indian Ocean Network – 1000 km – 1,28 Térabit/second de débit potentiel) a été inauguré le 11 décembre à La Réunion. Mis en service le 16 novembre 2009, ce câble en fibre optique – cofinancé par Orange Madagascar, Mauritius Telecom et France Télécom S.A. réunis en consortium – relie Madagascar, la Réunion et l’Ile Maurice.
Madagascar rejoint ainsi la liste des pays connectés en haut-débit. La Réunion et l’Ile Maurice constituent quant à elles les points de connexion au câble SAT3-WASC-SAFE qui relie l’Europe à l’Asie en passant par le sud de l’Afrique.
D’après Orange, « Lion bénéficie de la technologie la plus performante utilisée actuellement dans le domaine des fibres optiques : le multiplexage de longueur d’ondes (WDM) qui permet d’augmenter la capacité en fonction des besoins sans nouvelle intervention sous-marine. » Il existe en outre un projet de prolongement du câble Lion jusqu’à Mombasa (Kenya) où il pourrait être interconnecté avec d’autres réseaux.
« Le Groupe est également partie prenante du déploiement de câbles sous-marins sur la façade Atlantique de l’Afrique. En effet, en 2011, le câble ACE (Africa Coast to Europe) reliera l’Afrique du Sud à la France en connectant au réseau mondial tous les pays situés le long de la côte Ouest de l’Afrique », ajoute Orange, installé dans une vingtaine de pays africains.
« Dans un texte confidentiel élaboré par la Chine en accord avec l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et le Soudan – État qui préside cette année le G77 regroupant les pays en développement au sein de l’ONU –, ils exposent l’accord de Copenhague qui répondrait à leurs desiderata. Révélé par Le Monde, le texte pourrait s’imposer comme le fil conducteur des dix jours de négociation à venir, alors que l’esquisse de proposition de la présidence danoise, publiée mardi 8 décembre par The Guardian, a soulevé un tollé de la part des PVD dans les salles du sommet de Copenhague. »
L’article complet d’Hervé Kempf, envoyé spécial du Monde à Copenhague est à lire ici, et le texte confidentiel est téléchargeable sur le site (lien dans l’article).
Le cours du cuivre, en hausse de plus de 130% cette année, est en passe d’atteindre un record de croissance annuelle depuis 1978, même si le cours lui-même (7 135$ la tonne à échéance trois mois sur le LME) reste très loin de son pic de juillet l’année dernière, à 8 940 $, juste avant l’effondrement des marchés mondiaux.
Pour plus de précisions lire ici l’analyse complète de Reuters (en anglais).
Le ministre des Finances zimbabwéen Tendai Biti revoit ses estimations de croissance à la hausse : le PIB zimbabwéen devrait croître de 4,7% cette année.
Et ce redressement devrait être confirmé l’année prochaine, selon le numéro deux de l’ancienne opposition entré au gouvernement en février en vertu d’un accord de partage du pouvoir, qui estime que la tendance se poursuivra en 2010 avec une expansion de 7% du produit Intérieur brut. Ce retour à la croissance s’explique par les bonnes performances dans les secteurs minier et agricole, a précisé le ministre lors de la présentation du Budget au Parlement le 2 décembre. La précédente estimation prévoyait déjà une croissance de 3,7% en 2009. Lire la suite »
Loin de s’en tenir à leur politique d’investissement originelle, basée sur la prudence et le long-terme, on a vu dans les volets précédents que les fonds souverains avaient pris un tournant au moment de la crise. Un virage qui ne leur a guère réussi, comme le montrent Brad Setser and Rachel Ziemba de RGE Monitor : certains fonds souverains du Golfe ont perdu 40% de leur valeur depuis 2007. Leurs choix malheureux se sont principalement portés sur les banques et l’immobilier…
… quand ils n’ont pas investi chez Madoff
Si le fonds souverain d’Abu Dhabi a démenti l’information alléguant qu’il confiait, depuis 2005, jusqu’à 400 millions de dollars en gestion à Bernard Madoff, Adia reconnait néanmoins avoir investi 132 millions de dollars dans un fonds d’investissement lui-même exposé aux stratégies de Bernard Madoff.
… ou dans les armes
En Afrique, la gestion de ces fonds est parfois (mais pas toujours) encore plus éloignée de la gestion de bon père de famille. Lire la suite »
On a vu dans les volets précédents de notre dossier comment nous avions assisté, ces dernières années, à la montée en puissance des fonds souverains dans l’économie mondiale, et à la mutation de leurs investissements. Il est donc temps d’entrer dans les détails : dans quoi ont-ils investi, et pour quelles performances ?
La nouvelle politique d’investissement des fonds souverains ne date pas de la crise. En 2006, déjà, GIC (Singapour) annonçait son intention d’investir plus largement sur les marchés actions et dans les fonds d’investissement, qui avaient selon lui fait la preuve de leur forte rentabilité.
D’abord… dans les banques fragilisées par la crise des crédits hypothécaires
Les fonds souverains considéraient alors que les banques étaient largement sous-valorisées, et qu’elles représentaient un investissement long-terme assez sûr pour y prendre de larges participations avec une belle chance de plus-value. L’occasion faisant le larron, cette montée en puissance s’est affirmée pendant la crise financière de 2007-08. Lire la suite »
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