Maurice: Infinity sur la corde raide

Tour Ebène, Maurice, DR

Tour Ebène, Maurice, DR

La plus importante société mauricienne d’outsourcing, Infinity, est menacée de faillite. Installée dans la Cybertour d’Ebène, elle a trois semaines pour rembourser 42 millions de roupies. Cette somme représente les loyers, les factures d’eau et d’électricité impayés depuis février 2007.

Centre d’appel et concepteur de logiciels, Infinity embauche tout de même plus de 650 personnes et compte parmi ses clients des noms prestigieux dans la téléphonie (Orange, Bouygues, SFR, One.Tel …), dans l’industrie automobile (Renault, Peugeot, Ford…) mais aussi dans la grande distribution (Shoprite, Pick and Pay, Spar…).
En fait, le délai légal pour payer la facture de 42 millions de roupies (941 000 euros) qu’elle doit à Cyber Properties Investment, filiale de Business Parks of Mauritius Ltd (BPML) a déjà expiré le 30 octobre. Les avocats se sont mis d’accord sur un sursis de trois semaines… passé ce délai, c’est la mise en liquidation judiciaire.
Demande d’aide
Pour faire face à son échéance, Infinity a fait une demande d’aide de 90 millions de roupies (2 millions d’euros) dans le cadre du mécanisme de soutien au secteur privé (Mechanism for Transitional Support to the Private Sector – MTSPS) mise en place depuis le début de la crise financière mondiale par le gouvernement mauricien. Ce sursis accordé correspond au temps que devrait prendre le MTSPS (aussi appelé stimulus package) pour examiner le cas d’Infinity et prendre une décision.
On est en droit de se demander comment cette dette constituée de loyers et de factures d’eau et d’électricité a pu être accumulée au fil des mois depuis 2007. Essayez de ne pas payer votre loyer et vous verrez combien de temps le propriétaire mettra pour vous expulser. Petite explication : le propriétaire gestionnaire, BPML, appartient à l’État et Jean Suzanne, le président d’Infinity, est aussi conseiller auprès du Premier ministre.
Loyers impayés
« Vous vous rendez compte que c’est nous qui payons l’électricité et l’eau qu’ils consomment chez Infinity ? En plus, le loyer mensuel de 1,2 million de roupies n’est pas honoré depuis des lustres. Avec trois clients comme ça, nous, on ferme. On ne survit pas », martèle Dharam Naugah, président exécutif de BPML dans le quotidien mauricien L’Express. Mais il est bien décidé à recouvrer sa dette : « J’aurais pu insister sur la liquidation de l’entreprise, mais je préfère lui donner une dernière chance, mais là, c’est définitivement l’ultime chance », a-t-il ajouté. Une autre question se pose quand on sait qu’Infinity s’est lancée dans la construction de ses propres locaux pour une valeur estimée à quelque 350 millions de roupies. Les travaux sont stoppés depuis quelques mois et des négociations seraient en cours avec l’entrepreneur pour terminer le chantier prochainement.
Quoi qu’il en soit, l’emploi de 650 personnes est menacé. Et la mise en liquidation de la première société d’outsourcing mauricienne serait une très mauvaise nouvelle pour l’économie du pays. Depuis plusieurs années déjà, le pays tente de valoriser le potentiel de l’île dans le secteur des Technologies de l’information et de la communication (Tic), un secteur qu’il présente comme le futur 5ème pilier de l’économie mauricienne.

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