
Riz de la vallée du Fleuve (Pont Gendarme). Photo S.R.
La violente hausse des prix des denrées alimentaires a fait découvrir aux gouvernements et aux agriculteurs les vertus du riz local, l’aliment de base en Afrique.
Émeutes de la faim, colère, désespoir des populations face à l’envolée des prix alimentaires en 2007 et 2008 ont poussé plusieurs gouvernements africains à réagir. L’agriculture est revenue au centre des politiques nationales et le riz, aliment de base n°1, est consacré production prioritaire. Et si on en croit les résultats annoncés, ça marche ! 240% d’augmentation au Burkina Faso, 90% d’augmentation au Sénégal pour la campagne rizicole 2008/09 par rapport à la campagne précédente. En moyenne, la production africaine de riz s’est accrue de 18%, selon la FAO.
Pour obtenir ces résultats spectaculaires, les gouvernements ont fourni aux paysans des semences de qualité et des intrants agricoles de base. De leur côté, les agriculteurs ont été motivés par la perspective d’une bonne rentabilité.
Ainsi au Burkina Faso, les autorités ont accordé aux producteurs 2 000 tonnes de semences améliorées de riz, dont le fameux Nerica (une semence résistante au stress hydrique) et des engrais. Environ 90 000 hectares ont été consacrés à la riziculture. Globalement, 7 milliards de FCFA ont été injectés dans la filière avec pour objectif de produire 260 000 tonnes, soit 60% des besoins de consommation nationale. Pari presque tenu : le Burkina Faso a réalisé une production record de 235 000 tonnes de riz pour la campagne agricole 2008/2009.
Laurent Sédogo, ministre burkinabè de l’Agriculture , a assuré que l’effort consenti en 2008 sera maintenu afin d’atteindre, à l’horizon 2015, une disponibilité du riz d’au moins 750 000 tonnes. Outre les grandes zones reconnues favorables à la production de riz, comme la vallée de Kou, la plaine du Sourou (ouest) et les bas-fonds de Bagré, bien d’autres plaines pourraient être aménagées. Selon les chiffres du ministère de l’Agriculture, sur une superficie de 800 000 hectares de rizières disponibles au Burkina Faso, seuls 50 000 ha sont exploités. Pour le pays, il s’agit de se mettre à l’abri d’une trop forte dépendance vis-à-vis du riz importé et ne pas reproduire les conditions des émeutes de la faim.
Depuis des décennies l’Afrique s’appuie sur des importations de riz relativement bon marché pour satisfaire ses besoins. À lui seul, le Nigeria consomme jusqu’à 5,6% du riz commercialisé à l’échelle mondiale et le Sénégal arrive au septième rang mondial des pays importateurs. Et finalement, parce que le riz importé est devenu trop cher, tout le monde a retrouvé les vertus du riz local. Grâce à ce prix élevé, agriculteurs et gouvernements ont été fortement motivés pour accroître « les semis, boostant la production en dépit des coûts élevés du carburant et des engrais et des pénuries de semences de qualité », souligne l’économiste principal de la FAO, Concepción Calpe. Ainsi, les importations de riz vers l’Afrique devraient tomber à leur plus bas niveau depuis 2004. « Il s’agit là d’un pas dans la bonne direction, mais il faut que les gouvernements fassent davantage pour réduire la forte dépendance sur le riz d’importation en vue d’atteindre la sécurité alimentaire nationale », a souligné Dr Papa Abdoulaye Seck, directeur général du Centre du riz pour l’Afrique*.
La tension sur les prix reste palpable pour les consommateurs africains, d’autant que la crise économique mondiale, même si elle ne frappe pas de plein fouet le continent, fait naître des difficultés. « Dans ce contexte, les gouvernements pourraient être appelés à intervenir à nouveau, cette fois-ci pour soutenir les prix du riz à la production tout en protégeant le pouvoir d’achat des populations, à un moment où les demandes d’aide publique arrivent de toutes parts », estime la FAO.
*Le Centre du riz pour l’Afrique (ex-ADRAO) est une association de recherche intergouvernementale autonome composée de pays africains. Il est aussi l’un des 15 centres internationaux de recherche agricole soutenus par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI).
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Un grand merci à l’OMC et au FMI… quarante années à faire croire que le développement devait passer par les exportations et qu’il ne fallait pas fausser le fonctionnement des marchés en subventionnant les productions locales…
Il est important de souligner l’effort du peuple africain, et du soutien economique de certaines Organisations. Le riz est un aliment trés riche, trés consommé en inde, asie …. que la population africaine local doit produire pour elle et son economie, afin de controler son marché.