État des réserves : vers un peak-coal ?

distribution mondiale des réserves de charbonLa part du charbon dans le mix énergétique mondial est en hausse. Selon Jean-Marie Amouroux (auteur de Charbon, les métamorphoses d’une industrie), son taux moyen de croissance annuelle est de +2,3%, supérieur à celui des hydrocarbures. Amouroux prévoit que le charbon prendra la tête de l’approvisionnement énergétique mondial à l’horizon 2050, devant le gaz, le pétrole et le nucléaire. La consommation mondiale est tirée à la hausse par la Chine (qui a doublé sa demande entre 2001 et 2006, avec une croissance +15%/an en moyenne). Mais cette demande est également en hausse en Inde, au Vietnam, en Indonésie… Les États-Unis le premier consommateur de charbon, mais on assiste actuellement à un retour de la Russie qui préfère consommer son charbon pour mieux exporter son gaz.

Les réserves mondiales prouvées seraient abondantes (1,5 fois les réserves prouvées cumulées du pétrole et du gaz), plutôt bien réparties sur la planète (85% répartis sur 6 pays/5 continents : les États-Unis 29%, la Russie 18,5%, la Chine 13,5%, l’Australie 9%, l’Inde 7%, et l’Afrique du Sud 6%), et le charbon reste – pour l’instant – une énergie peu onéreuse (1 MWh d’électricité produite au charbon coûte moins cher que son équivalent produit au gaz ou à l’éolien).

Mais dans son dernier livre Blackout – Coal, climate and the last energy crisis, Richard Heinberg (surnommé le « gourou du peak-oil ») défend la théorie d’un peak-coal plus proche que prévu pour les États-Unis, dont les réserves seraient largement surévaluées. Cette théorie d’abord récriée est désormais reprise dans la sphère des revues BtoB spécialisées dans l’énergie : Penwell, éditeur de l’Oil&Gas Journal, publiait en août un éditorial (à lire ici) reprenant les assertions d’Heinberg, et les croisant avec les dernières prévisions de l’US Geological Service qui prédit un peak-coal régional dans les Appalaches dans seulement 10 ans.

Dans l’Usine Nouvelle, Daniel Krajka cite lui un rapport (téléchargeable ici) de l’Energy Watch Group (groupe de scientifiques allemands favorables aux énergies renouvelables) qui pointe les défaillances de l’évaluation des réserves par le Coal Institute (847 milliards de tonnes, soit 130 ans au rythme d’exploitation actuel). En se basant sur diverses projections de l’évolution de la demande et l’état des réserves, le groupe conclut à une hausse de la production pendant encore 10 à 15 ans (+30% au total), et à un pic de production vers 2025.

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