
Projet du CIGC de Ouaga 2000. Image Coldefy et Associés
Ce vaste jeu de coupoles blanches sera construit sur le territoire de Ouaga 2000, le nouveau quartier de la capitale du Burkina Faso. Les architectes lillois Thomas Coldefy et Isabel Van Haute, lauréats du concours, se rendront pour la première fois sur site le mois prochain. Sur place, ils sont associés avec Simon Kafando du cabinet AIC.
Par Marie-Douce Albert*
La « Rotary Connection » a joué. Invité comme ses confrères architectes du Burkina Faso à inciter des architectes à l’étranger à prendre part au concours international pour la création du futur grand centre de conférences de Ouagadougou, Simon Kafando, du cabinet AIC, a utilisé le réseau du fameux club pour faire connaître le projet. Il est ainsi entré en contact avec Bertrand Coldefy, fondateur de l’agence Coldefy et Associés, basée à Lille et Cambrai (Nord de la France), et lui-même membre du Rotary. La proposition du Ouagalais ne pouvait qu’allécher son fils, Thomas Coldefy. Lui et son épouse, la Belge Isabel Van Haute, sont déjà architectes sans frontières. Après avoir travaillé tous les deux à New York, ils mènent actuellement le chantier d’une grande école de design à Hong-Kong. Le continent africain, ils ne connaissent pas encore, alors ils se sont documentés. Simon Kafando, qui sera leur correspondant local, leur a aussi beaucoup parlé du site, ce fameux secteur de Ouaga 2000 qui se développe au sud-est de la capitale du Burkina Faso. Autrefois vaste terrain vague, ce territoire de 213 hectares se développe depuis une quinzaine d’années. Le nouveau siège de la présidence de la république y a été construit. Surtout, Ouaga 2000 est devenu le quartier luxueux de Ouagadougou, celui où l’on trouve hôtel 5 étoiles et résidences de l’élite burkinabè.

Vue aérienne du projet. Image Coldefy et Associés
Dans ce contexte, le futur Centre international de Grandes Conférences (CIGC) , qui s’étendra lui sur 10 hectares et aura une capacité de 3000 personnes, ne peut être qu’une « vitrine de qualité pour les dirigeants de l’État et leur partenaires étrangers », dixit le dossier de presse. Il se devait d’être prestigieux, Thomas Coldefy et Isabel Van Haute l’ont aussi imaginé élégant et serein.
Les deux jeunes architectes – ils sont nés tous deux en 1978 - poseront de grandes vasques coiffées d’une coupole centrale sur un plan d’eau. Ce jeu concave/convexe aux lignes douces est pour eux une référence aux calebasses. « La tradition est d’offrir de l’eau dans l’écorce de ces fruits coupés en deux à ses invités, explique Isabel Van Haute. Nous avons donc conçu un projet centré sur le sens de l’accueil. Quant à l’eau, elle a un caractère pacifiant ». Le dispositif permettra aussi de créer de grands volumes où l’air circulera naturellement. Quant au grand dôme qui couvrira la salle de conférences, il sera fait d’une membrane textile qui fera office de tampon thermique. Thomas Coldefy et Isabel Van Haute devraient être au Burkina Faso début octobre pour découvrir le lieu de cette grande aventure. La date de livraison du bâtiment, elle, n’est pas connue.
* Marie-Douce Albert est journaliste indépendante, spécialisée en architecture et urbanisme
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