La finance islamique, alternative plébiscitée

Plus éthique et plus solidaire, la finance islamique a le vent en poupe.
« L’effondrement du système capitaliste fondé sur l’usure et sur le papier et non sur l’échange de marchandises démontre que la philosophie économique islamiste se tient », affirme Youssef Al Qaradaoui, l’un des initiateurs de la finance islamique dans les années 1970. Adossée à l’économie réelle, le principe qui régit la finance islamique est simple : on ne vend que ce que l’on possède. En cette période de crise liée aux emprunts hypothécaires à risque, la maxime est séduisante. Plus de ventes à découvert, de spéculation ni d’usure. Comme le soulignait Vincent Beaufils dans un éditorial de l’hebdomadaire économique français Challenges : « En réalité, et Benoît XVI nous pardonnera, au moment où nous traversons une crise financière qui balaye tous les indices de croissance sur son passage, c’est le coran qu’il faut relire plutôt que les textes pontificaux. Car, si nos banquiers, si avides de rentabilité sur fonds propres, avaient un tant soit peu respecté la charia, nous n’en serions pas là. » De plus en plus nombreux sont ceux qui pensent que la finance islamique représente une réelle alternative à notre économie de marché actuelle, ou du moins, qu’elle devrait y être intégrée comme un complément indispensable. Pourtant, « ce secteur, qui pèse jusqu’à 1 000 milliards de dollars, constitue une goutte d’eau dans l’économie mondiale, et ses acteurs évoluent dans un monde interconnecté », souligne Mohamed Boutlif, consultant en finance islamique. Impossible de savoir aujourd’hui si les établissements qui pratiquent la finance islamique n’ont pas investi dans les crédits hypothécaires à risque après leur titrisation. Il n’en reste pas moins que malgré ses limites, la finance islamique pourrait profiter de la crise de confiance des particuliers dans le système financier actuel.

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